Cuivre, plomb, argent et quatre-vingts haches de pierre à gorge : une prospection dans le sud-ouest de l’Espagne a repéré six sites miniers inconnus, qui pourraient expliquer d’où venait le métal des objets scandinaves de l’âge du bronze.

L’énigme est ancienne. La Scandinavie de l’âge du bronze a produit des objets métalliques remarquables sans disposer, sur son sol, des minerais nécessaires. Le métal venait donc d’ailleurs, mais d’où exactement ? La question structure depuis des décennies l’étude des réseaux d’échange européens.

Une semaine de prospection, six sites

Du 9 au 16 février, une équipe du programme Maritime Encounters de l’université de Göteborg, en Suède, a prospecté la région de Cabeza del Buey, dans la province de Badajoz, en Estrémadure. Six sites miniers jusqu’alors non répertoriés ont été documentés, de la petite zone d’extraction à des ensembles plus vastes et complexes.

L’un d’eux se distingue par la découverte d’environ quatre-vingts haches de pierre à gorge, ces outils emmanchés qui servaient à concasser et traiter le minerai. Leur nombre signale une exploitation intensive, pas un grattage occasionnel.

Cuivre, plomb, argent

Les mines livrent du cuivre, du plomb et de l’argent ; les trois piliers des économies de l’âge du bronze, largement échangés sur de longues distances. Ces circuits forment l’ossature des réseaux commerciaux européens de la période, ceux-là mêmes qui ont pu acheminer le métal jusqu’au nord du continent.

Les mines contiennent du cuivre, du plomb et de l’argent, qui ont tous joué un rôle clé dans les économies de l’âge du bronze.

Le travail a été mené avec l’université de Séville et des spécialistes du Musée archéologique provincial de Badajoz. Prochaine étape attendue : les analyses isotopiques du plomb, seules capables de rapprocher, ou non, la signature géochimique de ces minerais de celle des bronzes retrouvés en Scandinavie.