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Métiers de la préhistoire

Chargé de recherche au CNRS

Le chargé de recherche mène un programme scientifique au long cours dans une unité de recherche : il fouille ou analyse, publie, encadre et cherche des financements.

Une journée type

Très peu de terrain, contrairement à l’image : quelques semaines par an, souvent l’été. Le reste de l’année se partage entre l’analyse des données, l’écriture d’articles, l’encadrement de doctorants et de masters, et le montage de dossiers de financement.

S’y ajoute la part invisible : relecture d’articles pour des revues, participation à des jurys et à des comités, réunions de consortium, réponses à appels à projets. Un chercheur passe une fraction considérable de son temps à chercher les moyens de chercher.

La formation

Le parcours réellement emprunté, pas le parcours théorique.

Le parcours est balisé et long : master, puis thèse (trois ans au minimum, souvent davantage), puis presque toujours un ou plusieurs contrats post-doctoraux, fréquemment à l’étranger. Le recrutement se fait sur concours, sur titres et travaux : c’est le dossier de publications qui départage.

L’âge moyen de recrutement se situe nettement au-delà de trente ans. Il faut intégrer cette donnée dans un projet de vie : on ne devient pas chercheur titulaire à vingt-cinq ans.

Les débouchés, sans enjoliver

Ce que disent les chiffres publics, et ce qu’ils ne disent pas.

Voici le chiffre à connaître avant de s’engager. Pour l’année 2026, le CNRS a ouvert 5 postes de chargé de recherche de classe normale dans la section 31 du Comité national (« Hommes et milieux : évolution, interactions », qui couvre la préhistoire, l’archéologie et l’anthropologie) sur 248 postes toutes sections confondues (arrêté du 9 décembre 2025).

Cinq postes, pour l’ensemble des candidats français et étrangers qui se présentent, toutes spécialités de la section confondues. Ce n’est pas une année creuse : l’ordre de grandeur est stable.

Les universités offrent une seconde voie, les postes de maître de conférences, avec leurs propres campagnes, mais le nombre de postes fléchés préhistoire y est également faible chaque année.

Conclusion honnête : la thèse en préhistoire se justifie pleinement, mais elle doit être engagée en sachant que la titularisation dans la recherche publique est l’issue minoritaire, et en préparant les autres (opérateurs d’archéologie, patrimoine, médiation, édition scientifique, enseignement.)

La rémunération

Chaque fourchette porte sa source. Ce qui n’est pas publié n’est pas estimé.

Pendant la thèsecontrat doctoral, montant fixé par arrêtéMontant revalorisé régulièrement, à relever sur le texte en vigueur.
Chargé de recherche de classe normalegrille indiciaire de la fonction publique d’ÉtatGrille publiée par le CNRS ; le montant d’entrée dépend de la reprise d’ancienneté accordée.

Qui recrute

  • CNRS · unités mixtes de recherche, souvent en cotutelle avec une université
  • Universités · postes de maître de conférences puis de professeur
  • Muséum national d’Histoire naturelle · corps propre de chercheurs et d’enseignants-chercheurs
  • Inrap · l’établissement mène aussi une activité de recherche

Idées reçues

« Un chercheur en préhistoire passe sa vie sur le terrain. »

Quelques semaines par an. Le métier se pratique surtout devant des données, des articles et des dossiers de financement.

« Avec une bonne thèse, on est recruté. »

Cinq postes ouverts en 2026 dans la section qui couvre la préhistoire. Une excellente thèse est nécessaire, elle n’est pas suffisante : le hasard du calendrier des postes compte autant que le dossier.

« Sans poste au CNRS, la thèse est perdue. »

Faux, à condition de l’avoir anticipé. Les compétences acquises (méthode, gestion de projet, rédaction, encadrement) s’emploient dans les opérateurs d’archéologie, le patrimoine, l’édition scientifique et la médiation.

L’angle préhistoire

Ce métier ne s’exerce pas qu’en préhistoire. Voici ce qui change quand c’est le cas.

La préhistoire occupe une place particulière dans la recherche française : le pays concentre un patrimoine orné exceptionnel, et une tradition scientifique qui remonte au XIXe siècle. Cela ne se traduit pas par davantage de postes, mais par une densité d’équipes et de terrains rare à l’échelle mondiale.

La discipline s’est en outre profondément recomposée : la paléogénétique, la protéomique et les datations physico-chimiques y ont pris une place telle qu’un projet compétitif associe presque toujours plusieurs laboratoires et plusieurs métiers.

Pour aller plus loin
Sources
  • Arrêté du 9 décembre 2025 autorisant au titre de l’année 2026 l’ouverture de concours pour le recrutement dans le grade des chargés de recherche de classe normale du CNRS, JORF (5 postes en section 31 ; 248 postes au total).
  • CNRS, campagne de concours externes chercheurs 2026, carrieres.cnrs.fr.

Fiche vérifiée le 15 août 2026. Les chiffres de rémunération, de postes et de formation sont revus chaque année en septembre ; si vous constatez un écart, écrivez-nous à gerald.rougerie@epopee-sapiens.com.