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Métiers de la préhistoire

Fac-similiste

Le fac-similiste reproduit une paroi ornée à l’identique (sa forme, sa matière et ses peintures) pour qu’un public puisse voir ce qu’il n’a plus le droit d’approcher.

Peintures d’aurochs et de chevaux sur une paroi reproduite en fac-similé
Paroi reproduite du fac-similé de Lascaux · HTO, domaine public (Wikimedia Commons)

Une journée type

Le métier commence par la donnée : relevé de la grotte au scanner 3D et par photogrammétrie, parfois au drone, puis traitement infographique du nuage de points. De là sortent des modèles usinés ou imprimés en 3D, qui servent de matrices.

Vient l’atelier proprement dit : moulage, tirage en résine, montage sur armature métallique. Les éléments sont des pièces d’ouvrage; pour Lascaux IV, 54 éléments de fac-similé pesant chacun de 600 kilos à 2 tonnes.

Enfin la peinture. Les pigments sont broyés à l’ancienne, appliqués aux mêmes gestes et avec les mêmes outils supposés que ceux d’origine. Un peintre peut passer des semaines sur un seul animal, à retrouver non pas l’image mais le geste qui l’a produite.

La formation

Le parcours réellement emprunté, pas le parcours théorique.

Il n’existe aucune filière. C’est le métier le plus latéral de toute la rubrique : on y entre par un savoir-faire, pas par un diplôme d’archéologie.

Les équipes assemblent des corps de métier distincts : peintres et plasticiens, résineurs, mouleurs, serruriers et soudeurs, auxquels s’ajoutent aujourd’hui les compétences en scan 3D, photogrammétrie et infographie. Un tailleur de pierre, un décorateur de cinéma ou un sculpteur peuvent y trouver leur place.

La formation utile est donc celle d’un métier d’art (Beaux-Arts, DN MADE, CAP-BMA de la pierre ou de la sculpture, formations en moulage), complétée sur le tas par la culture de l’art pariétal.

Les débouchés, sans enjoliver

Ce que disent les chiffres publics, et ce qu’ils ne disent pas.

Extrêmement peu de postes, mais aussi extrêmement peu de candidats, l’inverse exact de la recherche. Le nombre d’ateliers capables de réaliser un fac-similé de paroi ornée se compte, en France, sur les doigts d’une main.

Le principal, l’Atelier des Fac-Similés du Périgord (AFSP), installé à Montignac-Lascaux sur près de 4 000 m², est une filiale de la Semitour Périgord. C’est lui qui a réalisé les fac-similés de Lascaux IV, 38 mois de travail, ainsi que des répliques pour les grottes d’Ekain et de Niaux.

Le rythme du secteur est celui des grands projets : un chantier de fac-similé mobilise des équipes pendant trois ans, puis se termine. L’activité est cyclique, adossée à des commandes publiques rares mais massives : Chauvet 2, ouverte en 2015, reste la plus grande réplique de grotte ornée au monde.

La rémunération

Chaque fourchette porte sa source. Ce qui n’est pas publié n’est pas estimé.

Salaires d’atelieraucune grille publiqueLa rémunération suit le métier d’origine (peintre, mouleur, serrurier) et la convention de l’employeur. Donnée à obtenir directement auprès des ateliers.

Qui recrute

  • Atelier des Fac-Similés du Périgord (AFSP) · Montignac-Lascaux, filiale de la Semitour Périgord
  • Ateliers d’artistes et de plasticiens · intervenant en sous-traitance sur les grands chantiers
  • Musées et sites de restitution · pour les commandes d’objets et de reconstitutions

Idées reçues

« C’est de la copie, donc ce n’est pas de la création. »

Reproduire un tracé sans le décalquer suppose de comprendre comment il a été fait : quel outil, quel geste, quelle vitesse. Les peintres de fac-similé sont des lecteurs de gestes autant que des exécutants.

« Le numérique a remplacé la main. »

Le scan et l’impression 3D donnent la forme, jamais la peau ni la peinture. Dans le même atelier, drones et scanners voisinent avec les pinceaux, les ciseaux à bois et les pigments naturels.

« Il faut être archéologue. »

Non. Il faut être plasticien, mouleur ou soudeur, et accepter une exigence documentaire que les métiers d’art rencontrent rarement.

L’angle préhistoire

Ce métier ne s’exerce pas qu’en préhistoire. Voici ce qui change quand c’est le cas.

Le fac-similé de grotte est une invention française née d’une contrainte de conservation : dès lors que Lascaux ne pouvait plus être montrée, il a fallu la refaire. Aucun autre patrimoine n’a produit une filière artisanale entière pour cette raison.

D’où une exigence particulière : la copie doit être fidèle non seulement à l’image, mais à la topographie de la paroi, parce que les artistes paléolithiques ont utilisé les reliefs de la roche. Une bosse déplacée de trois centimètres, et le bison ne se lit plus.

Pour aller plus loin
Sources
  • Atelier des Fac-Similés du Périgord, afsp-perigord.fr (activité, surface de l’atelier, corps de métier réunis).
  • Presse spécialisée du bâtiment, dossier sur la fabrication de Lascaux IV : 54 éléments de fac-similé en résine sur armature métallique, de 600 kg à 2 tonnes, réalisés en 38 mois.

Fiche vérifiée le 15 août 2026. Les chiffres de rémunération, de postes et de formation sont revus chaque année en septembre ; si vous constatez un écart, écrivez-nous à gerald.rougerie@epopee-sapiens.com.