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Métiers de la préhistoire

Archéologue subaquatique

L’archéologue subaquatique fouille sous l’eau : épaves, ports engloutis, grottes noyées et gisements préhistoriques recouverts par la remontée des mers.

Archéologue plongeur tracté sous l’eau au-dessus d’un fond marin lors d’une prospection
Archéologue en prospection sous-marine, tracté sur planche de reconnaissance · Tane Casserley / NOAA, domaine public (Wikimedia Commons)

Une journée type

Tout est cadencé par la plongée. Le temps de fond est compté, la décompression aussi : une journée se joue souvent en deux immersions courtes, préparées à terre au détail près. Sous l’eau, les gestes sont ceux d’une fouille ordinaire ralentis par le milieu : relevé, prélèvement, dégagement des sédiments à la suceuse à air.

Le retour au sec est la partie que personne n’imagine : un objet gorgé d’eau depuis des millénaires se détruit en séchant. Il faut le maintenir immergé, le dessaler, engager sa conservation dans les heures qui suivent. S’ajoute le travail de bureau habituel : journal de plongée, documentation, rapport.

La formation

Le parcours réellement emprunté, pas le parcours théorique.

C’est une double compétence, et les deux moitiés sont exigeantes. Côté science, un cursus d’archéologie jusqu’au master. Côté plongée, une qualification professionnelle; le brevet de loisir ne suffit pas : il faut un certificat d’aptitude à l’hyperbarie, avec les mentions correspondant aux travaux subaquatiques.

Le DRASSM assure une part de cette formation, aussi bien pour les plongeurs bénévoles qui participent aux campagnes que pour les futurs archéologues. C’est la porte d’entrée la plus praticable : on commence presque toujours comme bénévole sur une campagne.

Les débouchés, sans enjoliver

Ce que disent les chiffres publics, et ce qu’ils ne disent pas.

Le service national compétent est le DRASSM, département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, créé par André Malraux le 30 septembre 1966 et installé à Marseille. Il comptait 39 agents en 2024 et arme le navire de recherche André Malraux, en service depuis 2012, qui a succédé à l’Archéonaute retiré en 2005 après trente-huit ans de campagnes.

Ces chiffres disent l’essentiel : on parle de quelques dizaines de postes pour toute la France. À côté du DRASSM, l’Inrap dispose d’une équipe subaquatique et quelques opérateurs et laboratoires interviennent ponctuellement.

Autrement dit : une spécialité qu’on exerce le plus souvent en plus d’un poste d’archéologue, rarement comme métier exclusif.

La rémunération

Chaque fourchette porte sa source. Ce qui n’est pas publié n’est pas estimé.

Poste au DRASSMgrille de la fonction publique d’ÉtatSelon le corps de recrutement ; les sujétions liées à la plongée relèvent de régimes indemnitaires propres, non publiés de façon consolidée.
Fourchette du métieraucune donnée publique consolidéeRecherche du 16 août 2026.

Qui recrute

  • DRASSM · ministère de la Culture, service à compétence nationale, Marseille
  • Inrap · équipe d’archéologie subaquatique
  • CNRS et universités
  • Opérateurs privés agréés · interventions ponctuelles en milieu humide

Idées reçues

« C’est de la chasse au trésor. »

C’est l’inverse : le domaine public maritime est protégé, les prospections sont soumises à autorisation, et le mobilier archéologique découvert revient à l’État. Le DRASSM autorise, contrôle et, le cas échéant, poursuit.

« On ne fouille que des épaves. »

Les épaves sont la partie visible. Les ports antiques engloutis, les lacs, les fleuves et surtout les gisements préhistoriques noyés occupent une part croissante du travail.

« Il faut être un plongeur d’exception. »

Il faut être un plongeur rigoureux et endurant, capable de travailler méthodiquement en visibilité médiocre. La performance sportive n’est pas le sujet.

L’angle préhistoire

Ce métier ne s’exerce pas qu’en préhistoire. Voici ce qui change quand c’est le cas.

C’est ici que la spécialité devient décisive. Au dernier maximum glaciaire, le niveau des mers était inférieur d’environ 120 mètres à l’actuel : des plaines entières, habitées, ont été submergées à la fonte des glaces. Une part considérable des sites paléolithiques européens est aujourd’hui sous l’eau, et c’est le seul moyen de les atteindre.

Le cas emblématique est français : la grotte Cosquer, près de Marseille, dont l’entrée s’ouvre à une trentaine de mètres sous la surface. Son art pariétal n’a pu être étudié qu’en plongée, et il faut se souvenir que cette grotte, ornée il y a 27 000 ans, s’ouvrait alors à des kilomètres du rivage.

Pour aller plus loin
Sources
  • Ministère de la Culture, présentation du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines : création le 30 septembre 1966 par André Malraux, siège à Marseille, 39 agents en 2024, navire André Malraux en service depuis 2012.
  • Inrap, « Archéologie subaquatique et sous-marine », inrap.fr.

Fiche vérifiée le 15 août 2026. Les chiffres de rémunération, de postes et de formation sont revus chaque année en septembre ; si vous constatez un écart, écrivez-nous à gerald.rougerie@epopee-sapiens.com.