À l’est de Clermont-Ferrand, une fouille préventive menée sur le tracé de l’A75 a livré l’un des ensembles funéraires néolithiques les plus riches d’Auvergne : 63 sépultures réparties sur environ 4 000 ans d’occupation.
Le site occupe le sommet et les flancs d’une petite éminence sableuse dominant les plaines inondables de la Limagne, en rive gauche de l’Artière, un affluent de l’Allier. Il a été fouillé en 2019-2020 par une équipe d’une quinzaine d’agents de l’Inrap, à l’occasion de l’élargissement de l’autoroute A75.
285 structures, 63 sépultures
Le bilan est considérable : 285 structures néolithiques, dont 63 sépultures, témoignant d’environ quatre millénaires d’occupation. Une telle continuité est rare. Elle permet de suivre, sur un même lieu, l’évolution des architectures funéraires et des gestes déposés auprès des morts, ce qui intéresse autant l’archéologue que l’historien des croyances.
285 structures néolithiques, dont 63 sépultures, témoignent d’environ 4 000 ans d’occupation du site.
Le paysage lui-même fait partie du dossier. Au sud du site, le puy de Crouel, petit volcan, a pu fournir des roches utilisées sur place, notamment la pépérite, cette brèche volcanique caractéristique de la région. Les bâtisseurs prenaient donc leurs matériaux à portée de regard.
Ce que raconte une fouille préventive
Pontcharaud illustre ce que l’archéologie préventive apporte de plus précieux : sans le chantier autoroutier, ce gisement serait resté sous les cultures, invisible et intouché, mais aussi inconnu. Les résultats, présentés par Frédéric Prodeo, Ivy Thomson et Catherine Georjon, alimentent désormais la connaissance du Néolithique de la Limagne.
Reste le travail de longue haleine : anthropologie des squelettes, datations, étude du mobilier déposé. Une fouille de cette ampleur se lit pendant des années après le passage des pelles mécaniques.