Inhumation volontaire d’un défunt, attestée dès Néandertal.
Sépulture
Reconnaître une sépulture n’a rien d’évident. Un squelette retrouvé dans une grotte peut être celui d’un individu mort sur place et recouvert naturellement par les sédiments. Pour parler d’inhumation volontaire, les archéologues cherchent plusieurs indices : une fosse creusée, un corps bien conservé et en connexion anatomique, une position particulière, des objets déposés. Les spécialistes de l’archéologie funéraire observent aussi, à la fouille, la façon dont les os se sont déplacés en se décomposant : elle révèle si le corps était enveloppé, déposé dans un espace vide ou directement recouvert de terre.
Les plus anciennes sépultures largement acceptées datent d’environ 100 000 ans, au Proche-Orient, dans les grottes de Qafzeh et de Skhul en Israël, où des Homo sapiens ont été enterrés. Les Néandertaliens ont eux aussi inhumé certains de leurs morts, comme à La Chapelle-aux-Saints, en Corrèze, ou à La Ferrassie, en Dordogne. Le dossier sur les premières sépultures néandertaliennes détaille ces cas et les discussions qu’ils suscitent.
Au Paléolithique supérieur, certaines tombes deviennent spectaculaires : à Sungir, en Russie, deux enfants ont été inhumés avec des milliers de perles d’ivoire. En Europe de l’Ouest, des défunts sont saupoudrés d’ocre rouge et parés de coquillages.
Le sujet reste vivement débattu pour les périodes les plus anciennes. L’hypothèse de sépultures pratiquées par Homo naledi, une espèce au petit cerveau, en Afrique du Sud, a été accueillie avec beaucoup de réserves par la communauté scientifique. Le dossier sur la mort et les sépultures élargit le propos.