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Métiers de la préhistoire

Archéobotaniste

L’archéobotaniste identifie les restes de plantes conservés dans les sites : les graines pour le carpologue, les charbons de bois pour l’anthracologue. Ce sont eux qui disent ce qu’on mangeait et ce qu’on brûlait.

Une journée type

Le matériel arrive du terrain sous forme de sédiment, jamais d’objets. Il passe par la flottation : on délaye la terre dans l’eau, les restes végétaux carbonisés remontent, on les récupère sur un tamis fin. Une opération simple dans son principe, longue dans son exécution.

Vient ensuite le tri sous loupe binoculaire, puis l’identification par comparaison anatomique : graine à graine, ou section de charbon à section de charbon, contre un référentiel constitué d’échantillons actuels. Enfin le comptage, la statistique, et le rapport d’étude remis à l’équipe de fouille.

La formation

Le parcours réellement emprunté, pas le parcours théorique.

Master en bioarchéologie, archéologie des environnements ou biologie végétale, puis thèse. Comme pour les autres spécialités de laboratoire, ce qui compte n’est pas l’intitulé du diplôme mais l’accès à un référentiel de comparaison et à quelqu’un qui sait s’en servir.

Carpologie et anthracologie sont deux métiers voisins, rarement exercés par la même personne : les référentiels et les gestes d’identification ne sont pas les mêmes.

Les débouchés, sans enjoliver

Ce que disent les chiffres publics, et ce qu’ils ne disent pas.

Étroits, comme toute la famille. La compétence s’exerce dans la recherche publique ou en prestation d’étude pour les opérateurs, qui en ont un besoin régulier dès qu’une fouille livre des prélèvements.

L’anthracologie offre une porte de sortie supplémentaire : la reconstitution des paysages passés intéresse aussi la recherche sur le climat, très au-delà de l’archéologie.

La rémunération

Chaque fourchette porte sa source. Ce qui n’est pas publié n’est pas estimé.

Poste publicgrille de la fonction publiqueVoir la fiche « Chargé de recherche au CNRS ».
Étude en prestationfacturée à la missionAucun barème public.

Qui recrute

  • CNRS et universités
  • Muséum national d’Histoire naturelle
  • Inrap et opérateurs privés · études de macrorestes végétaux

Idées reçues

« Les plantes ne se conservent pas. »

Carbonisées, elles se conservent remarquablement bien. Un foyer livre des milliers de fragments; à condition d’avoir tamisé le sédiment, ce qui n’était pas systématique avant les années 1970.

« Un charbon dit seulement qu’il y a eu du feu. »

Sa structure anatomique donne l’essence du bois. On sait donc quelles espèces poussaient autour du campement, et lesquelles ont été choisies comme combustible, ce qui est un comportement, pas un paysage.

L’angle préhistoire

Ce métier ne s’exerce pas qu’en préhistoire. Voici ce qui change quand c’est le cas.

La préhistoire s’est longtemps racontée à travers la seule chasse, parce que l’os se voyait et que la graine ne se voyait pas. L’archéobotanique a rééquilibré le récit : cueillette, plantes à fibres, végétaux de couchage, bois de chauffe et de construction.

C’est elle, aussi, qui date la néolithisation là où elle se produit : l’apparition des céréales cultivées dans les assemblages de graines est l’un des marqueurs les plus francs du passage à l’agriculture.

Pour aller plus loin

Fiche vérifiée le 15 août 2026. Les chiffres de rémunération, de postes et de formation sont revus chaque année en septembre ; si vous constatez un écart, écrivez-nous à gerald.rougerie@epopee-sapiens.com.