Le découvreur de Toumaï
Né en 1940, Michel Brunet est un paléontologue français, professeur au Collège de France, où il a occupé la chaire de paléontologie humaine, et professeur émérite à l’université de Poitiers. Son nom reste attaché à l’une des découvertes les plus retentissantes de la paléoanthropologie.
Chercher là où nul ne cherchait
À rebours des équipes concentrées sur l’Afrique de l’Est, Brunet a fait le pari audacieux de prospecter le désert du Djourab, au Tchad, à l’ouest du grand Rift. Ce choix, longtemps peu payant, a fini par ouvrir un tout nouveau foyer pour l’étude des origines humaines, loin des sites classiques.
Abel, puis Toumaï
Il met d’abord au jour « Abel » (Australopithecus bahrelghazali), premier australopithèque découvert à l’ouest du Rift. Puis, en 2002, son équipe annonce dans Nature la découverte de Sahelanthropus tchadensis, surnommé « Toumaï ». Daté d’environ 7 millions d’années, c’est le plus ancien hominidé connu, proche de la séparation entre la lignée humaine et celle des chimpanzés.
Un fossile qui bouscule l’arbre
La découverte de Toumaï, si ancienne et si loin de l’Afrique de l’Est, a bouleversé les schémas établis — notamment l’idée que le berceau de l’humanité se situait à l’est du Rift. Elle a nourri d’intenses débats sur le statut exact du fossile, symbole de la vitalité et des controverses de la discipline.
Un nouveau berceau
En ouvrant le Tchad à la recherche sur les origines, Michel Brunet a élargi la carte de la paléoanthropologie. Son œuvre illustre l’importance de l’obstination et de l’audace : c’est en cherchant là où nul ne regardait qu’il a repoussé de plusieurs millions d’années l’histoire connue de notre lignée.
