Une préhistorienne des gestes et des objets

Née en 1955, Sophie A. de Beaune est une préhistorienne française, professeure des universités à l’université Jean Moulin Lyon 3 et membre du laboratoire ArScAn, à Nanterre. Spécialiste du Paléolithique supérieur, elle s’attache à comprendre les techniques et les gestes du quotidien des sociétés de chasseurs-cueilleurs.

La lumière des premières lampes

Elle a mené des travaux pionniers sur l’éclairage préhistorique : les premières lampes en pierre, alimentées à la graisse animale, qui permirent d’affronter l’obscurité des grottes. Sujet de sa thèse, cette recherche a éclairé, au sens propre, un pan méconnu de la vie paléolithique et les conditions dans lesquelles fut créé l’art des cavernes.

Outils, gestes et matières

Ses recherches se sont ensuite élargies à l’évolution des outils et des gestes techniques, du broyage des matières colorantes à la fabrication des objets. Elle interroge la manière dont les savoir-faire se transmettent et se transforment, faisant du geste un objet d’histoire à part entière.

Archéologie et sciences cognitives

De Beaune a introduit en France le croisement entre neuropsychologie et archéologie, pour interroger l’émergence des capacités cognitives de l’humanité : comment le cerveau, la main et l’outil ont évolué de concert. Cette approche originale rapproche la préhistoire des sciences de l’esprit.

Histoire et regard critique

Elle travaille aussi sur l’histoire de la préhistoire comme discipline et sur la place des femmes dans la recherche. Ce regard réflexif, attentif aux conditions de production du savoir, fait d’elle une voix précieuse pour comprendre non seulement la préhistoire, mais la façon dont on l’écrit.