Une vaste étude génétique menée par l’université Yale révèle que les gènes hérités des Dénisoviens, ces cousins disparus de notre espèce, continuent d’armer le système immunitaire des populations du Pacifique, des dizaines de milliers d’années après leur rencontre.

177 génomes du Pacifique

Publiée en 2026 dans la revue Science, l’étude a séquencé le génome de 177 personnes issues de douze populations d’Océanie proche, puis les a comparées à 1 284 génomes déjà connus dans le monde. C’est l’un des plus grands ensembles de données jamais réunis sur l’héritage dénisovien.

Plus de 3 000 variants encore actifs

Les chercheurs ont identifié 3 127 variants génétiques hérités des Dénisoviens qui fonctionnent toujours dans le système immunitaire des habitants actuels. Beaucoup sont liés à la voie de signalisation de l’interféron gamma, un rouage majeur de la réponse aux infections.

Autrement dit, ce legs génétique aurait aidé les populations anciennes à affronter les virus, bactéries et autres agents pathogènes rencontrés à mesure qu’elles peuplaient de nouveaux territoires à travers le Pacifique.

Au moins trois lignées dénisoviennes

L’étude révèle en outre que les Océaniens proches descendent d’au moins trois groupes apparentés aux Dénisoviens, et que la sélection naturelle a favorisé certains de ces variants, touchant aussi le développement osseux, le métabolisme ou la fertilité.

Connus surtout par leur ADN et une poignée de fossiles, les Dénisoviens n’en finissent pas de se rappeler à nous : une partie de l’humanité actuelle vit, littéralement, avec leur héritage dans les veines.