Groupe humain archaïque identifié surtout par l'ADN extrait de restes fragmentaires trouvés en Sibérie et sur le plateau tibétain. Les Dénisoviens ont côtoyé et se sont métissés avec les Néandertaliens et l'homme moderne.
Dénisovien
Les Dénisoviens sont un cas unique dans l’histoire de la paléoanthropologie : ils ont été reconnus par leur génome avant de l’être par leur squelette. En 2010, l’analyse de l’ADN d’une minuscule phalange d’enfant, trouvée dans la grotte de Denisova, dans l’Altaï sibérien, révèle une lignée humaine distincte à la fois des Néandertaliens et de l’homme moderne. Le nom vient de la grotte elle-même, et l’on parle aussi d’homme de Denisova.
Les restes connus restent rares : quelques dents, des fragments osseux, une mandibule découverte sur le plateau tibétain et identifiée grâce à ses protéines. Ces vestiges suffisent pourtant à montrer que ce groupe a occupé des milieux très différents, du froid sibérien à la haute altitude. Des analyses publiées en 2025 ont rattaché aux Dénisoviens le crâne de Harbin, dans le nord-est de la Chine, décrit sous le nom d’Homo longi, ce qui donnerait enfin un visage à cette population.
La génétique raconte aussi leurs rencontres. Un fragment d’os de Denisova appartenait à une jeune fille née d’une mère néandertalienne et d’un père dénisovien, preuve directe d’un métissage. Les populations actuelles de Nouvelle-Guinée et d’Australie conservent une part notable d’ADN dénisovien, et une variante d’un gène qui aide les Tibétains à vivre en altitude proviendrait de ces lointains cousins. Leur nom d’espèce, en revanche, fait toujours débat. Le dossier Dénisoviens, le cousin révélé par l’ADN raconte cette enquête.