Une équipe internationale a séquencé 34 nouveaux génomes mitochondriaux de mammouths, dont les plus anciens dépassent le million d’années. Ces données inédites éclairent la diversité génétique aujourd’hui perdue de ces géants de l’ère glaciaire.
Publiée le 9 avril 2025 dans la revue Molecular Biology and Evolution, l’étude « A Million Years of Mammoth Mitogenome Evolution » est menée par J. Camilo Chacón-Duque et ses collègues du Centre for Palaeogenetics (université de Stockholm et Muséum suédois d’histoire naturelle). Les chercheurs y présentent 34 nouveaux génomes mitochondriaux, dont 11 remontent au Pléistocène ancien et moyen. L’ensemble couvre une fourchette d’environ 1,3 million d’années jusqu’à 125 000 ans.
Des rameaux génétiques disparus
Principal résultat : les mitogénomes des mammouths de plus d’un million d’années se situent en dehors de toute la diversité génétique des mammouths du Pléistocène supérieur. Ces lignées très anciennes correspondent à des rameaux génétiques aujourd’hui entièrement disparus, sans descendance identifiable parmi les populations plus récentes.
L’analyse soutient par ailleurs une origine sibérienne des grands clades de mammouths laineux : les lignées basales du Pléistocène moyen n’ont été retrouvées qu’en Sibérie, ce qui fait de cette région un foyer probable de diversification.
Les auteurs relient plusieurs épisodes de diversification à des changements démographiques déjà repérés, notamment un goulot d’étranglement au Pléistocène moyen, autour de 285 000 ans ; signe que de grands bouleversements de population ont façonné la structure génétique de l’espèce au fil du temps.
Nos analyses offrent un aperçu sans précédent de la façon dont de grands événements démographiques ont façonné la diversité génétique des mammouths. ; J. Camilo Chacón-Duque
Les limites de l’ADN maternel
Limite importante, soulignée par l’étude elle-même : l’ADN mitochondrial, mieux conservé que l’ADN nucléaire dans les restes anciens, ne retrace que la lignée maternelle. Il ne peut à lui seul reconstituer toute l’histoire évolutive ; des données nucléaires complètes restent nécessaires pour confirmer certains scénarios.