Aux Eyzies-de-Tayac, en Dordogne, au cœur de la vallée de la Vézère, Font-de-Gaume est l'une des dernières grandes grottes à peintures polychromes encore ouvertes au public. Ses fresques magdaléniennes, vieilles d'environ 17 000 ans, comptent parmi les plus émouvantes de la préhistoire.

Une frise de bisons

Le long d'une galerie étroite se déploie une longue frise de bisons peints en rouge et brun, rehaussés de noir. Les artistes ont joué du relief naturel de la roche pour donner corps aux animaux, dans un art de la couleur et du volume d'une grande finesse.

Chevaux, mammouths et rennes complètent ce bestiaire, sur près de deux cents figures.

Les rennes affrontés

La scène la plus célèbre montre deux rennes face à face : le mâle incline la tête et semble lécher le front de la femelle agenouillée devant lui. Cette image d'une tendresse rare, où l'on croit lire un geste d'affection, est l'un des chefs-d'œuvre de l'art paléolithique.

Un site pionnier de la préhistoire

Découverte au début du XXe siècle et étudiée par les fondateurs de la discipline, dont l'abbé Breuil, Font-de-Gaume a, avec la grotte voisine des Combarelles, fait des Eyzies la capitale mondiale de la préhistoire.

Un privilège fragile

La fréquentation menace ces peintures délicates. La grotte n'accueille plus qu'un très petit nombre de visiteurs chaque jour, sur réservation. C'est l'un des tout derniers endroits au monde où l'on peut encore contempler l'art polychrome original, et non un fac-similé : un privilège rare, et fragile.