Pour la première fois, des chercheurs ont extrait de l’ADN humain ancien directement des parois de grottes ornées d’Espagne et du Portugal. Une piste inédite pour, un jour, savoir qui étaient les peintres du Paléolithique.
De l’ADN piégé dans la roche
Le résultat, publié en 2026 dans la revue Nature Communications, est le fruit du projet First Art associé à l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire. L’équipe a analysé 120 échantillons prélevés sur 24 panneaux d’art rupestre répartis dans onze grottes d’Espagne et du Portugal : simples tracés, mains négatives et peintures figuratives.
Cinq échantillons parlants
Sur les 120 prélèvements, cinq seulement ont livré de l’ADN mitochondrial humain ancien authentique, notamment dans la grotte d’Escoural et à Covarón. Ces traces ont au moins 2 000 ans, et probablement bien davantage.
La démonstration est faite : les parois des grottes peuvent conserver de l’ADN humain pendant des millénaires, qu’une œuvre y ait été peinte ou non.
Vers l’identité des artistes ?
En principe, cet ADN pourrait un jour révéler le sexe et l’ascendance génétique des personnes qui ont touché la roche, voire tenu le pinceau. De quoi renouveler en profondeur l’étude de l’art pariétal.
Mais la route est longue : les quantités récupérées sont infimes et le risque de contamination élevé. Avant de mettre un visage sur « le peintre d’un panneau », il faudra encore de nombreux progrès. Une fenêtre inédite s’est pourtant entrouverte sur les créateurs des premières images de l’humanité.