Longtemps caché sous le maquis et pris localement pour un ancien couvent, Filitosa est signalé en 1946 par son propriétaire, Charles-Antoine Cesari. Celui-ci en parle en 1954 à l’archéologue Roger Grosjean, qui y fouille de 1957 à 1972. Le site, à Sollacaro, dans la vallée du Taravo, est classé monument historique (1967, puis 1980) et se présente comme un « véritable musée à ciel ouvert ».
L’occupation commence au VIe millénaire avant notre ère, dans un abri sous roche de la première installation, et se prolonge jusqu’à l’époque romaine, avec un temps fort à l’âge du Bronze. Le site couvre une colline d’une soixantaine de mètres de haut, ceinte d’un castellu, une enceinte d’environ 6 000 m² à deux tours, autour d’un bâtiment circulaire central entouré de maisons de granite.
Filitosa doit sa célébrité à ses statues-menhirs, treize au total, aux visages et aux détails sculptés : épées, poignards, harnachement. Certaines ont été retrouvées dans la vallée puis rassemblées ici pour être conservées. Filitosa VI est datée d’environ 1600 avant notre ère, et Filitosa V est l’un des menhirs les plus connus. Leur disposition actuelle est une présentation pour les visiteurs : les alignements d’origine ont probablement été détruits au début de l’âge du Fer ou au Moyen Âge, et les pierres réemployées dans des murs.
Le visiteur découvre aussi les monuments circulaires appelés torre, caractéristiques de la Corse protohistorique, puis le petit musée du site, dont l’entrée est comprise dans le billet. Comptez une heure à une heure et demie de visite. Un bar-restaurant et une boutique se trouvent à l’accueil, et la vallée du Taravo se prête ensuite à la promenade. Un parking gratuit est situé à environ 300 mètres de l’entrée, et le site accueille aussi des groupes et propose des prestations pour enfants.