Cartes

La carte des découvertes en France

De la plaque gravée de La Madeleine aux tracés de Néandertal à la Roche-Cotard : les grandes découvertes de la préhistoire faites en France, ce qu’elles ont changé, et où les voir aujourd’hui.

1854 · Les bifaces de Saint-Acheul 1864 · Le mammouth gravé de l’abri de la Madeleine 1866 · Le gisement de Solutré et l’amas d’os de chevaux 1868 · L’abri de Cro-Magnon 1887 · Les galets peints du Mas d’Azil 1894 · La Dame de Brassempouy 1901 · La grotte de Font-de-Gaume 1906 · Le Salon noir de la grotte de Niaux 1906 · Les mains négatives de la grotte de Gargas 1908 · Le Néandertalien de La Chapelle-aux-Saints 1909 · Le squelette néandertalien de La Ferrassie 1911 · La Vénus de Laussel 1912 · Les bisons d’argile du Tuc d’Audoubert 1922 · La Vénus de Lespugue 1922 · La grotte de Pech Merle 1940 · La grotte de Lascaux 1950 · La frise sculptée du Roc-aux-Sorciers 1964 · Le campement magdalénien de Pincevent 1966 · Le site de Terra Amata 1971 · L’Homme de Tautavel (Arago 21) 1972 · Le campement magdalénien d’Étiolles 1976 · Les crânes néandertaliens de Biache-Saint-Vaast 1979 · Le Néandertalien de Saint-Césaire (Pierrette) 1985 · Les foyers de Menez-Dregan 1990 · Les cercles de stalagmites de Bruniquel 1990 · Les peintures de la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure 1991 (entrée repérée en 1985) · La grotte Cosquer 1994 · La grotte Chauvet 2000 · La grotte de Cussac 2022 (publication) · La grotte Mandrin et les premiers Homo sapiens 2023 · Les tracés néandertaliens de la Roche-Cotard
Les bifaces de Saint-Acheul
Didier Descouens · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1854

Les bifaces de Saint-Acheul

Amiens (Somme, 80) · Paléolithique inférieur (Acheuléen ; la coupe du jardin archéologique couvre environ 450 000 ans de dépôts)

À Saint-Acheul, dans les carrières de sable de la terrasse de la Somme à l’est d’Amiens, l’amateur Adolphe Dutilleux recueille des bifaces dès 1854. En 1859, un biface extrait en place dans sa couche, devant Prestwich et Evans, convainc les savants de l’ancienneté de l’homme. En 1872, Gabriel de Mortillet donne à cette industrie le nom d’Acheuléen.

Découverte par Adolphe Dutilleux (1854), puis Joseph Prestwich et John Evans (1859) ; nom d’Acheuléen proposé par Gabriel de Mortillet (1872)

Où le voir : Le jardin archéologique de Saint-Acheul, à Amiens

Le mammouth gravé de l’abri de la Madeleine
Charles Rau · CC0 (Wikimedia Commons)
1864

Le mammouth gravé de l’abri de la Madeleine

Tursac (Dordogne, 24) · Paléolithique supérieur (Magdalénien, fin du Paléolithique supérieur)

En mai 1864, lors d’une excursion conduite par Édouard Lartet dans l’abri de la Madeleine, cinq fragments d’une défense de mammouth fossile sont découverts, avec un mammouth gravé. L’image prouve que des humains ont côtoyé cet animal disparu, ce qui confirme la thèse de Boucher de Perthes sur l’ancienneté de l’Homme. Le site a donné son nom au Magdalénien.

Découverte par Édouard Lartet et Henry Christy, en présence d’Édouard de Verneuil et de Hugh Falconer

Où le voir : Le site de la Madeleine, à Tursac (la plaque est conservée au Muséum national d’histoire naturelle)

Le gisement de Solutré et l’amas d’os de chevaux
Thilo Parg · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1866

Le gisement de Solutré et l’amas d’os de chevaux

Solutré-Pouilly (Saône-et-Loire, 71) · Paléolithique supérieur (Solutréen, environ 22 000 à 17 000 ans ; occupations plus anciennes dès environ 55 000 ans)

Au pied de la roche de Solutré, au lieu-dit Cros du Charnier, Henry Testot-Ferry et Adrien Arcelin fouillent dès 1866 un affleurement d’ossements de chevaux, dont personne n’imagine alors qu’il s’agit de vestiges préhistoriques. Le gisement livre en abondance des os et des silex taillés, d’une grande richesse. En 1872, Gabriel de Mortillet en tire le nom de Solutréen.

Découverte par Henry Testot-Ferry et Adrien Arcelin

Où le voir : Le musée de Préhistoire de Solutré, au pied de la roche

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L’abri de Cro-Magnon
Thilo Parg · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1868

L’abri de Cro-Magnon

Les Eyzies (Dordogne, 24) · Paléolithique supérieur (Gravettien, environ 28 000 ans)

En 1868, des ouvriers qui construisent une route aux Eyzies mettent au jour, au pied d’une falaise, des ossements humains, des silex et des parures de coquillages. Louis Lartet prélève les restes de cinq individus, un enfant et quatre adultes, dont un homme âgé, le futur Cro-Magnon 1. Le site est éponyme de l’« homme de Cro-Magnon », nom donné aux premiers Homo sapiens européens du Paléolithique supérieur.

Découverte par Ouvriers d’un chantier routier ; prélèvement et étude par Louis Lartet

Où le voir : L’abri de Cro-Magnon et son espace muséographique, aux Eyzies

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Les galets peints du Mas d’Azil
Léon Auguste · CC0 (Wikimedia Commons)
1887

Les galets peints du Mas d’Azil

Le Mas-d’Azil (Ariège, 09) · Épipaléolithique (Azilien, environ 12 000 à 9 500 ans avant le présent)

À partir de 1887, Édouard Piette fouille la salle du Théâtre de la grotte du Mas d’Azil, traversée par l’Arize. Entre les niveaux magdaléniens et néolithiques, il met au jour des couches à galets peints à l’ocre rouge et à harpons plats. Il en tire en 1889 l’Azilien, culture qui comble le vide entre les derniers chasseurs de l’ère glaciaire et le Néolithique.

Découverte par Édouard Piette

Où le voir : La grotte et le musée de la Préhistoire du Mas-d’Azil

La Dame de Brassempouy
Jean-Gilles Berizzi · Public domain (Wikimedia Commons)
1894

La Dame de Brassempouy

Brassempouy (Landes, 40) · Paléolithique supérieur (Gravettien, entre 33 000 et 25 000 ans environ)

En 1894, le préhistorien Édouard Piette découvre dans la grotte du Pape, à Brassempouy, une petite tête féminine sculptée dans l’ivoire de mammouth, haute de 3,65 cm. Contrairement aux autres « vénus » gravettiennes, souvent à la tête schématique, son visage est finement défini, avec nez, arcades et menton. Cette « Dame à la capuche » est présentée comme la plus ancienne représentation quasi réaliste connue d’un visage humain.

Découverte par Édouard Piette

Où le voir : Le Préhistosite de Brassempouy (l’original est au musée d’Archéologie nationale)

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La grotte de Font-de-Gaume
https://wellcomeimages.org/indexplus/obf_images/bb/40/4adb8ea5b37583f9b2555f8743e3.jpg Gallery: https://wellcomeimages.org/indexplus/image/M0004851.html Wellcome Collection gallery (2018-03-24): https://wellcomecollection.org/works/j2xmj82h CC-BY-4.0 · CC BY 4.0 (Wikimedia Commons)
1901

La grotte de Font-de-Gaume

Les Eyzies (Dordogne, 24) · Paléolithique supérieur (Magdalénien et Azilien, environ 13 000 à 18 000 ans selon les figures)

Le 12 septembre 1901, Denis Peyrony, Louis Capitan et Henri Breuil découvrent les peintures de Font-de-Gaume, quatre jours après les gravures de la grotte voisine des Combarelles. La cavité abrite plus de 200 gravures et peintures, souvent polychromes : bisons, rennes, chevaux, mammouths et signes. C’est l’une des dernières grottes ornées majeures de France à polychromies encore ouvertes au public.

Découverte par Denis Peyrony, Louis Capitan et Henri Breuil

Où le voir : La grotte de Font-de-Gaume, aux Eyzies (visites limitées, sur réservation)

Le Salon noir de la grotte de Niaux
Christelle Molinié · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1906

Le Salon noir de la grotte de Niaux

Niaux (Ariège, 09) · Paléolithique supérieur (Magdalénien, environ 13 000 ans)

La grotte de Niaux est visitée depuis le XVIIe siècle, mais le 21 septembre 1906 le commandant Molard et ses fils redécouvrent les dessins d’animaux du Salon noir. Émile Cartailhac et l’abbé Breuil authentifient ces peintures, publiées en 1908. Bisons, chevaux et bouquetins y sont tracés en noir, à plus de 700 mètres de l’entrée ; ceux au charbon de bois sont datés d’environ 13 000 ans.

Découverte par Le commandant Jules Molard et ses fils, puis Émile Cartailhac et l’abbé Henri Breuil

Où le voir : La grotte de Niaux (visite guidée en petit groupe)

Les mains négatives de la grotte de Gargas
Yoan Rumeau · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1906

Les mains négatives de la grotte de Gargas

Aventignan (Hautes-Pyrénées, 65) · Paléolithique supérieur (Gravettien ; fréquentation attestée vers 27 000 ans)

Dans la grotte de Gargas, à Aventignan, Félix Régnault signale en 1906 des empreintes de mains dont les doigts semblent souvent incomplets ; Cartailhac et Breuil les étudient aussitôt. On y compte aujourd’hui 231 mains négatives, faites au pochoir à l’ocre ou à l’oxyde de manganèse. Leur âge exact reste discuté : un éclat d’os coincé dans une fissure du panneau est daté d’environ 27 000 ans.

Découverte par Félix Régnault, puis Émile Cartailhac et l’abbé Henri Breuil

Où le voir : La grotte de Gargas, à Aventignan (visite guidée sur réservation)

Le Néandertalien de La Chapelle-aux-Saints
120 / V. Mourre · CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)
1908

Le Néandertalien de La Chapelle-aux-Saints

La Chapelle-aux-Saints (Corrèze, 19) · Paléolithique moyen (Moustérien, environ 55 000 ans)

Le 3 août 1908, dans la petite grotte de la Bouffia Bonneval, les frères Bouyssonie dégagent un squelette néandertalien presque complet, couché en position fœtale dans une fosse. C’est l’une des premières sépultures néandertaliennes reconnues. Étudié par Marcellin Boule, il a imposé l’image d’un Néandertal fruste, finalement réfutée : l’individu, âgé, était atteint d’arthrose sévère.

Découverte par Amédée, Jean et Paul Bouyssonie

Où le voir : Le musée « Néandertal, l’Homme de La Chapelle-aux-Saints »

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Le squelette néandertalien de La Ferrassie
Thilo Parg · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1909

Le squelette néandertalien de La Ferrassie

Savignac-de-Miremont (Dordogne, 24) · Paléolithique moyen (Moustérien de type Ferrassie ; estimations de 74 000 à 50 000 ans selon les sources)

Le 17 septembre 1909, Louis Capitan et Denis Peyrony dégagent dans le grand abri de La Ferrassie, en Dordogne, le squelette d’un homme néandertalien d’environ quarante-cinq ans, baptisé La Ferrassie 1. Les fouilles suivantes y révèlent d’autres individus, dont des enfants. Au total, huit Néandertaliens ont été reconnus sur le site, dont plusieurs semblent avoir été enterrés.

Découverte par Louis Capitan et Denis Peyrony

Où le voir : Le site de La Ferrassie ; le squelette original est conservé au musée de l’Homme, à Paris

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La Vénus de Laussel
Marie-Lan Nguyen · Public domain (Wikimedia Commons)
1911

La Vénus de Laussel

Marquay (Dordogne, 24) · Paléolithique supérieur (Gravettien, entre 30 000 et 25 000 ans environ)

En décembre 1911, des ouvriers employés par le docteur Jean-Gaston Lalanne mettent au jour, dans l’abri de Laussel, un bloc de calcaire sculpté en bas-relief : une femme nue, peinte à l’ocre rouge, tenant dans la main droite une corne à treize encoches. Datée du Gravettien d’après le style et la stratigraphie, la « Vénus à la corne » appartient à un ensemble de blocs sculptés de figures humaines trouvés sur le même site.

Découverte par Ouvriers dirigés par Raymond Peyrille, pour le docteur Jean-Gaston Lalanne

Où le voir : Le musée d’Aquitaine, à Bordeaux

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Les bisons d’argile du Tuc d’Audoubert
Vassil · CC0 (Wikimedia Commons)
1912

Les bisons d’argile du Tuc d’Audoubert

Montesquieu-Avantès (Ariège, 09) · Paléolithique supérieur (Magdalénien, environ 14 000 ans)

Le 10 octobre 1912, Henri Bégouën et ses fils, qui explorent la grotte du Tuc d’Audoubert depuis juillet, découvrent dans la salle la plus profonde deux bisons modelés dans l’argile, un mâle et une femelle, dressés contre un bloc. Le groupe, d’environ 14 000 ans, est entouré d’empreintes de pas conservées dans l’argile du sol. L’abbé Breuil et Émile Cartailhac le visitent quelques jours plus tard.

Découverte par Henri Bégouën et ses fils Max, Jacques et Louis

Où le voir : Grotte fermée au public ; une copie des bisons est présentée au musée d’Archéologie nationale

La Vénus de Lespugue
Vassil · CC0 (Wikimedia Commons)
1922

La Vénus de Lespugue

Lespugue (Haute-Garonne, 31) · Paléolithique supérieur (Gravettien, environ 23 000 à 22 000 ans)

Le 9 août 1922, René et Suzanne de Saint-Périer croient avoir fini de fouiller la grotte des Rideaux, à Lespugue, lorsqu’un dernier coup de pioche met au jour une statuette féminine en ivoire de mammouth, brisée en neuf morceaux principaux. Haute d’environ 14 centimètres, elle provient d’une couche gravettienne au contexte archéologique précis, ce qui est rare pour ce type d’objet.

Découverte par René et Suzanne de Saint-Périer

Où le voir : Le musée de l’Homme, à Paris

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La grotte de Pech Merle
Céréales Killer · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1922

La grotte de Pech Merle

Cabrerets (Lot, 46) · Paléolithique supérieur (Gravettien et Magdalénien, environ 25 000 à 13 000 ans)

Le 4 septembre 1922, André David, sa sœur Marthe et Henri Dutertre, après plusieurs heures d’exploration, atteignent les salles préhistoriques de l’igue de Pech Merle et préviennent l’abbé Amédée Lemozi, qui en fait le relevé. On y découvre le célèbre panneau des chevaux ponctués entourés de mains négatives, ainsi que mammouths, bisons et aurochs. Pour Leroi-Gourhan, les œuvres relèvent de deux phases, vers 25 000 et 14 000 ans.

Découverte par André David, Marthe David et Henri Dutertre, avec l’abbé Amédée Lemozi

Où le voir : La grotte de Pech Merle, à Cabrerets

La grotte de Lascaux
Elke Wetzig (User:Elya) · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1940

La grotte de Lascaux

Montignac-Lascaux (Dordogne, 24) · Paléolithique supérieur (Magdalénien ancien, environ 21 000 ans cal AP pour la plupart des œuvres)

Le 12 septembre 1940, quatre jeunes gens de Montignac, Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agniel et Simon Coencas, s’engagent dans une cavité dont Ravidat avait repéré l’orifice quatre jours plus tôt et y découvrent des peintures. La plupart des préhistoriens attribuent les œuvres au Magdalénien ancien. Ouverte au public en 1948, la grotte est fermée en 1963 pour sa conservation, mais reste un site emblématique de l’art préhistorique.

Découverte par Marcel Ravidat, Jacques Marsal, Georges Agniel et Simon Coencas

Où le voir : Lascaux IV, à Montignac (réplique ; la grotte originale est fermée)

La frise sculptée du Roc-aux-Sorciers
Jochen Jahnke 16:36, 12. Apr. 2010 (CEST) · CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)
1950

La frise sculptée du Roc-aux-Sorciers

Angles-sur-l’Anglin (Vienne, 86) · Paléolithique supérieur (Magdalénien, environ 14 000 ans)

Suzanne de Saint-Mathurin et la préhistorienne britannique Dorothy Garrod fouillent le Roc-aux-Sorciers dès 1947 et découvrent en 1950 la frise sculptée en place sous l’abri. Conservée sur une vingtaine de mètres, elle montre en relief bisons, chevaux, bouquetins, félins, corps de femmes et visages humains. Elle date du Magdalénien, vers 14 000 ans, et lie l’art à un lieu d’habitat.

Découverte par Suzanne de Saint-Mathurin et Dorothy Garrod

Où le voir : Le centre d’interprétation du Roc-aux-Sorciers, à Angles-sur-l’Anglin (réplique de la frise)

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Le campement magdalénien de Pincevent
Marcel G. Lefrancq · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1964

Le campement magdalénien de Pincevent

La Grande-Paroisse (Seine-et-Marne, 77) · Paléolithique supérieur (Magdalénien supérieur, environ 12 300 ans)

Dans une sablière de La Grande-Paroisse, la chercheuse bénévole Isabelle Roux-Rath alerte en 1964 l’équipe d’André Leroi-Gourhan. Les limons de crue de la Seine ont figé foyers, silex et ossements de renne là où des chasseurs campaient, il y a environ 12 300 ans. Fouillé jusqu’en 1985 sous sa direction, le site a permis de restituer l’organisation de l’espace habité.

Découverte par Isabelle Roux-Rath, puis l’équipe d’André Leroi-Gourhan

Où le voir : Site ouvert lors des Journées du patrimoine ; collections au musée de Préhistoire d’Île-de-France, à Nemours

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Le site de Terra Amata
Jadakeo · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1966

Le site de Terra Amata

Nice (Alpes-Maritimes, 06) · Paléolithique inférieur (Acheuléen, environ 400 000 ans)

En 1965, un chantier d’immeuble sur les pentes du mont Boron, à Nice, livre à Henry de Lumley une riche industrie paléolithique ; la fouille de sauvetage, menée de janvier à juillet 1966, révèle un campement de bord de mer vieux d’environ 400 000 ans. On y a reconnu des habitations légères ovales sur piquets, des outils acheuléens et l’un des plus anciens foyers incontestables d’Europe.

Découverte par Henry de Lumley et François Octobon

Où le voir : Le musée de Terra Amata, à Nice

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L’Homme de Tautavel (Arago 21)
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1971

L’Homme de Tautavel (Arago 21)

Tautavel (Pyrénées-Orientales, 66) · Paléolithique inférieur (Pléistocène moyen, environ 450 000 ans)

Le 22 juillet 1971, l’équipe d’Henry et Marie-Antoinette de Lumley met au jour, dans la caune de l’Arago, la face et le frontal d’un crâne, Arago 21, complété huit ans plus tard par un pariétal. Daté d’environ 450 000 ans, il appartient à un homme d’une vingtaine d’années, le plus souvent attribué à Homo heidelbergensis. Plus de 150 restes humains ont depuis été recueillis dans cette grotte.

Découverte par Équipe d’Henry et Marie-Antoinette de Lumley

Où le voir : Le musée de Préhistoire de Tautavel

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Le campement magdalénien d’Étiolles
Lionel Allorge, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
1972

Le campement magdalénien d’Étiolles

Étiolles (Essonne, 91) · Paléolithique supérieur (Magdalénien, environ 15 000 ans)

Au début des années 1970, des amateurs repèrent des concentrations de silex dans un champ labouré à Étiolles. Les fouilles, commencées en 1972 aux Coudray, révèlent des campements magdaléniens de plein air, bien conservés par les limons de crue, organisés autour de foyers, avec de très nombreux silex taillés et des restes de renne et de cheval. Le site est l’un des grands gisements magdaléniens du Bassin parisien.

Découverte par Des amateurs (début des années 1970), puis une équipe de fouille CNRS

Où le voir : Site ouvert seulement lors d’opérations ponctuelles

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Les crânes néandertaliens de Biache-Saint-Vaast
Eunostos · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1976

Les crânes néandertaliens de Biache-Saint-Vaast

Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais, 62) · Paléolithique moyen (stades isotopiques 7 à 6, environ 240 000 ans selon les études récentes)

En 1976, des travaux d’extension d’une usine à Biache-Saint-Vaast, dans la vallée de la Scarpe, font apparaître un gisement du Paléolithique moyen, fouillé jusqu’en 1982. Il livre des fragments de crânes humains, dits Biache 1 et Biache 2, aux traits déjà néandertaliens mais encore archaïques, avec des traces de feu et des restes d’aurochs, de rhinocéros et d’ours. Ce sont des Néandertaliens très anciens du nord de la France.

Découverte par Équipe d’Alain Tuffreau

Où le voir : Rien n’est visible sur le site ; un crâne a été présenté au musée d’Archéologie nationale

Le Néandertalien de Saint-Césaire (Pierrette)
Paléosite · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1979

Le Néandertalien de Saint-Césaire (Pierrette)

Saint-Césaire (Charente-Maritime, 17) · Paléolithique supérieur ancien (Châtelperronien, entre 36 000 et 40 000 ans selon les datations)

Le 27 juillet 1979, la fouille de François Lévêque à la Roche à Pierrot livre les premiers os d’un squelette néandertalien surnommé Pierrette, dans une couche à industrie châtelperronienne. Cette association a conduit à voir en Néandertal l’auteur de cette culture du Paléolithique supérieur, ce qui remettait en cause le schéma admis. Le lien reste débattu, une étude de 2018 le jugeant mal établi.

Découverte par François Lévêque et son équipe de fouille

Où le voir : Le Paléosite de Saint-Césaire

Les foyers de Menez-Dregan
Moreau.henri · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1985

Les foyers de Menez-Dregan

Plouhinec (Finistère, 29) · Paléolithique inférieur (niveaux de 350 000 à 500 000 ans environ)

La grotte effondrée de Menez-Dregan, au bord de l’océan à Plouhinec, est repérée en 1985 par Bernard Hallégouët et fouillée chaque été depuis 1991. Elle conserve des niveaux d’occupation de 350 000 à 500 000 ans environ et plus d’une douzaine de foyers. Les traces de combustion des couches les plus profondes, vers 465 000 ans, pourraient compter parmi les plus anciennes preuves d’un feu maîtrisé.

Découverte par Bernard Hallégouët (repérage en 1985)

Où le voir : Le site de Menez-Dregan et son centre d’interprétation, à Plouhinec

Les cercles de stalagmites de Bruniquel
Luc-Henri Fage/SSAC · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1990

Les cercles de stalagmites de Bruniquel

Bruniquel (Tarn-et-Garonne, 82) · Paléolithique moyen (Néandertal ; structures datées d’environ 176 500 ans)

En 1990, un jeune spéléologue désobstrue l’entrée d’une grotte au pied des gorges de l’Aveyron. À 336 mètres de l’entrée, dans l’obscurité totale, il découvre deux anneaux et plusieurs tas faits d’environ 400 morceaux de stalagmites brisés, alignés et empilés, avec des traces de feu. Datées en 2016 d’environ 176 500 ans, ces structures sont l’œuvre de Néandertaliens et comptent parmi les plus anciennes constructions humaines connues ; leur usage reste un mystère.

Découverte par Bruno Kowalsczewski et les spéléologues de la région de Caussade (1990) ; étude François Rouzaud (années 1990), puis Jacques Jaubert, Sophie Verheyden et leur équipe (publication en 2016)

Où le voir : Grotte fermée au public ; espace consacré à la découverte aux châteaux de Bruniquel

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Les peintures de la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure
JYB Devot · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1990

Les peintures de la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure

Arcy-sur-Cure (Yonne, 89) · Paléolithique supérieur (Gravettien, environ 28 000 ans)

En avril 1990, lors d’un tournage de télévision dans la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure, Pierre Guilloré aperçoit sous une couche de calcite le profil d’un bouquetin peint à l’ocre. Mammouths, ours, rhinocéros, oiseaux et poissons ont suivi : l’ensemble est daté d’environ 28 000 ans. Ce sont parmi les plus anciennes peintures que le public puisse voir en France.

Découverte par Pierre Guilloré

Où le voir : La Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure

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La grotte Cosquer
Kleber Rossillon & Région Provence-Alpes-Côte d’Azur / Sources 3D MC · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1991 (entrée repérée en 1985)

La grotte Cosquer

Marseille (Bouches-du-Rhône, 13) · Paléolithique supérieur (Gravettien, environ 27 000 ans, et Épigravettien ou Solutréen, environ 19 000 ans)

Le plongeur Henri Cosquer repère en 1985 l’entrée de la grotte, à 37 m sous la mer, au pied de la pointe de la Voile, et ne l’explore à fond qu’en 1991. Le 9 juillet 1991, dans la partie hors d’eau, son équipe aperçoit un contour de main puis des peintures et gravures : plus de 500 figurations. Les datations au carbone 14 donnent deux occupations, vers 27 000 et 19 000 ans, dans l’unique grotte ornée connue à l’entrée sous-marine.

Découverte par Henri Cosquer (entrée, 1985) ; Henri Cosquer, Yann Gogan, Pascale Oriol et Cendrine Cosquer (peintures, 1991)

Où le voir : Cosquer Méditerranée, à Marseille (réplique ; la grotte est inaccessible)

La grotte Chauvet
Claude Valette · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
1994

La grotte Chauvet

Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche, 07) · Paléolithique supérieur (Aurignacien, 37 000 à 33 500 ans cal AP pour les œuvres)

Le 18 décembre 1994, les spéléologues Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire se faufilent par une mince ouverture de la falaise du cirque d’Estre et découvrent une grotte ornée d’un millier de peintures et gravures. Les datations directes placent les œuvres à l’Aurignacien, il y a 37 000 à 33 500 ans : elles comptent parmi les plus anciennes au monde et ont remis en cause l’idée d’un art évoluant lentement.

Découverte par Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire

Où le voir : La Grotte Chauvet 2, à Vallon-Pont-d’Arc (réplique ; la grotte originale est fermée)

La grotte de Cussac
Photo: Don Hitchcock, donsmaps.com · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
2000

La grotte de Cussac

Le Buisson-de-Cadouin (Dordogne, 24) · Paléolithique supérieur (Gravettien, un ossement daté d’environ 25 000 ans)

Le 16 septembre 2000, les spéléologues Marc Delluc et Fabrice Massoulier découvrent, au Buisson-de-Cadouin, une galerie de 1,6 km ornée de plus de cent cinquante gravures gravettiennes, dont un bison de 4 m de long. Elle abrite aussi les restes d’au moins cinq individus, associés aux figures : un des très rares cas européens de grotte à la fois ornée et sépulcrale. Fermée au public, elle est étudiée par une équipe de recherche.

Découverte par Marc Delluc et Fabrice Massoulier

Où le voir : Grotte fermée au public, réservée aux chercheurs

La grotte Mandrin et les premiers Homo sapiens
Thilo Parg · CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)
2022 (publication)

La grotte Mandrin et les premiers Homo sapiens

Malataverne (Drôme, 26) · Paléolithique moyen et supérieur (couche E : Homo sapiens vers 54 000 ans, entre 56 800 et 51 700 ans calibrés)

Fouillée depuis 1991 à Malataverne, dans la vallée du Rhône, la grotte Mandrin superpose des niveaux néandertaliens et sapiens. Une étude publiée en 2022 date de 54 000 ans environ la couche E, qui contient des outils fins et standardisés et une molaire d’enfant de forme moderne. Les chercheurs y voient une incursion précoce d’Homo sapiens, venu du Levant, entre deux occupations néandertaliennes ; la thèse reste discutée.

Découverte par Gaston Étienne (grotte, années 1960) ; fouilles Yves Giraud puis Ludovic Slimak (depuis 1991)

Où le voir : Grotte non ouverte au public, en cours de fouille

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Les tracés néandertaliens de la Roche-Cotard
Jean-Claude Marquet, Trine Holm Freiesleben, Kristina Jørkov Thomsen, Andrew Sean Murray, Morgane Calligaro, Jean-Jacque · CC BY 4.0 (Wikimedia Commons)
2023

Les tracés néandertaliens de la Roche-Cotard

Langeais (Indre-et-Loire, 37) · Paléolithique moyen (Moustérien ; tracés datés de plus de 57 000 ans, probablement vers 75 000 ans)

La grotte de la Roche-Cotard, à Langeais, connue depuis le XIXe siècle et fouillée dans les années 1970 par Jean-Claude Marquet, porte des panneaux de tracés faits au doigt dans la paroi de tuffeau. Une étude publiée en 2023 établit que la grotte a été scellée avant l’arrivée d’Homo sapiens dans la région et date ces traits de plus de 57 000 ans : ses auteurs les présentent comme les plus anciennes gravures pariétales sûrement néandertaliennes.

Découverte par Jean-Claude Marquet (1975 ; étude de 2023)

Où le voir : Grotte non ouverte à la visite

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