Le musée archéologique d’Argentomagus, ouvert en 1990, présente les objets mis au jour sur le site voisin : un oppidum gaulois devenu ville gallo-romaine, avec sa grande fontaine, son théâtre et ses temples, dans la vallée de la Creuse. Son parcours est annoncé comme « un voyage de plus d’un million d’années », des temps préhistoriques jusqu’aux Gallo-Romains, et accorde une vraie place à la préhistoire avant les statuettes, monnaies et céramiques de l’Antiquité.

La section préhistorique couvre le Paléolithique et le Paléolithique supérieur, à partir des fouilles menées dans la vallée de la Creuse. Elle s’appuie en particulier sur les cavités de la falaise du coteau de la Garenne, à Saint-Marcel, où un groupe de nomades magdaléniens a séjourné il y a environ 15 000 ans. Ces occupations ont fait l’objet d’un colloque, en 2004, consacré au Paléolithique de la Creuse moyenne.

Parmi les pièces préhistoriques exposées figure la pendeloque aux danseuses, une plaque gravée de silhouettes féminines rattachée au Magdalénien, qui illustre le goût des chasseurs-cueilleurs pour les parures et les objets gravés. Le musée présente aussi les témoignages de l’occupation des abris de la Garenne, où ces groupes mobiles s’installaient au bord de la rivière, à l’abri de la falaise, et laisse entrevoir leur vie quotidienne de chasseurs nomades.

Le reste du musée est consacré à l’époque gallo-romaine : statuette de déesse mère, bronze de Mercure, stèles funéraires, offrandes et une inscription gallo-latine sur une olla, « VERGOBRETOS READDAS ». Le sous-sol conserve des murs romains en place autour d’un autel domestique. L’aire archéologique voisine, en accès libre, se visite à pied, au milieu des vestiges de l’antique Argentomagus, et le billet donne un an d’entrée au Musée de la Chemiserie d’Argenton-sur-Creuse.