Un fils de maraîchers venu par les mathématiques
Pascal Picq naît le 22 janvier 1954 à Bois-Colombes. Ses parents sont maraîchers; la banlieue s’urbanise, le père devient routier, la mère ouvrière. Élève moyen, passionné de sport, il obtient un bac technique et s’oriente vers la physique.
Le hasard universitaire lui fait croiser, en licence, Bernard Vandermeersch et Yves Coppens. Il bifurque vers la paléoanthropologie et soutient en 1983 une thèse sur l’articulation temporo-mandibulaire des hominidés : un sujet aride, et une excellente école : la mâchoire est l’un des rares organes dont on peut déduire, à partir de l’os, à la fois le régime alimentaire, la mécanique et l’histoire évolutive.
Duke, l’anatomie fonctionnelle et les primates vivants
Il part ensuite aux États-Unis, à l’université Duke, comme chercheur associé et enseignant en anatomie, auprès de l’anthropologue William Hylander. Il y acquiert ce qui distinguera sa manière de travailler : l’anatomie fonctionnelle et la primatologie comparée, c’est-à-dire l’habitude d’interroger les grands singes vivants pour comprendre les fossiles.
Rentré en France en 1991, il devient maître de conférences au Collège de France, rattaché à la chaire de paléoanthropologie et préhistoire d’Yves Coppens, où il dirige l’unité de paléoanthropologie et d’anatomie fonctionnelle.
Contre l’histoire linéaire
Son combat intellectuel le plus constant vise l’image d’une évolution en ligne droite; la fameuse frise du singe courbé qui se redresse jusqu’à l’homme en costume. Cette image, écrit-il inlassablement, est fausse à tous les niveaux : les lignées humaines ont buissonné, plusieurs espèces ont coexisté, aucune n’était en route vers nous, et la nôtre n’est pas un aboutissement.
Nous ne sommes pas le sommet d’une évolution : nous sommes le seul rameau survivant d’un buisson.
Une œuvre de vulgarisation considérable
Peu de chercheurs français ont autant publié pour le grand public : Les Origines de l’homme, l’odyssée de l’espèce (1999), la somme Aux origines de l’humanité dirigée avec Yves Coppens (2001), et une longue série d’essais sur le sexe, la violence, l’intelligence, la place des femmes ou notre rapport aux animaux.
Son propos y est constant : l’évolution n’est pas une histoire de progrès mais de diversité, de contingence et d’adaptations locales, et les questions contemporaines, du machisme à l’écologie, gagnent à être posées avec ce recul de plusieurs millions d’années.
Darwin en entreprise
Particularité rare chez un paléoanthropologue : Picq intervient depuis des années auprès des entreprises et des écoles de management, où il applique les concepts de l’évolution (variation, sélection, niches, coévolution) à l’innovation et aux organisations. L’exercice lui a valu des critiques sur les risques d’analogie; il y répond que le mésusage social du darwinisme se combat mieux en l’expliquant qu’en le laissant aux autres.
Un pédagogue de la complexité
Conférencier infatigable, présent dans les médias, il occupe une place que Coppens avait tenue avant lui : celle du paléoanthropologue qui traduit. Avec une différence de génération assumée; là où le maître racontait une belle histoire, l’élève s’emploie à démonter les belles histoires.
Ses livres
Ses ouvrages disponibles dans notre librairie.
Manifeste intemporel des arts de la préhistoire
Pascal Picq Essai
Et l’évolution créa la femme
Pascal Picq Documentaire
Darwin et l’évolution expliqués à nos petits-enfants
Pascal Picq Jeunesse
Sapiens face à Sapiens
Pascal Picq Documentaire
Les origines de l’homme expliquées à nos petits-enfants
Pascal Picq Jeunesse




