Le spécialiste des petits fossiles

Né en 1937, Jean Chaline est un paléontologue français, directeur de recherche émérite au CNRS et longtemps rattaché à l’université de Bourgogne, à Dijon. Il s’est fait une spécialité d’un matériau que d’autres négligeaient : les restes de rongeurs et de micromammifères du Quaternaire, ces innombrables petits os que livrent les fouilles.

Dater les sites par les campagnols

Chaline a montré tout le parti que la préhistoire pouvait tirer de ces microfossiles. L’évolution graduelle des dents de campagnols, rapide à l’échelle géologique, fournit une horloge précieuse : elle permet de dater les couches archéologiques (biochronologie) et de corréler des sites entre eux, de Tautavel à Arcy-sur-Cure. Un gisement sans fossile humain peut ainsi être calé dans le temps grâce à ses rongeurs.

Les mécanismes de l’évolution

Au-delà de la datation, ces lignées de campagnols offraient à Chaline un observatoire exceptionnel de l’évolution en marche. Il s’est intéressé aux rythmes et aux mécanismes du changement évolutif, ainsi qu’au lien entre le développement de l’individu et les transformations des espèces, dans le sillage des grands débats sur l’évolution graduelle ou par à-coups.

L’aventure humaine

Ses réflexions l’ont conduit à s’intéresser aussi à l’évolution de la lignée humaine, qu’il a largement contribué à faire connaître par des ouvrages de synthèse. Il y a appliqué le même regard : celui d’un paléontologue attentif aux formes, aux rythmes et aux lois du vivant.

Une contribution méthodologique

En faisant des micromammifères un outil de datation et un modèle d’étude de l’évolution, Jean Chaline a doté la préhistoire d’instruments précieux. Son travail rappelle que, dans un gisement, les plus petits vestiges sont parfois les plus éloquents.