Voulu par le Conseil départemental de la Corse-du-Sud, le musée de l’Alta Rocca s’élève au centre du village de Levie, sur un projet des architectes Dominique Battesti et François Rouanet. Son bâtiment d’environ 1 100 m² abrite une galerie permanente, une galerie d’expositions temporaires, un auditorium et un centre de documentation. Il a reçu l’appellation Musée de France en 2003 et relève de la Collectivité de Corse depuis 2018.

Ses collections viennent pour l’essentiel de fouilles menées en Alta Rocca depuis les années 1960, notamment sous la direction de Roger Grosjean et de François de Lanfranchi, sur une soixantaine de sites. Le parcours embrasse environ 10 000 ans, du Mésolithique, vers 9000 av. J.-C., au monde rural du XXe siècle.

La pièce maîtresse est la Dame de Bonifacio, squelette d’une femme du Mésolithique mis au jour dans l’abri d’Araguina-Sennola, près de Bonifacio, et présenté comme la plus ancienne sépulture complète découverte en Corse. On y voit aussi de la poterie du Néolithique, un fragment de la statue-menhir d’Aravina I (âge du Bronze), dont deux cupules figurent les yeux et sous laquelle une épée dans son fourreau est suspendue, des éléments de ceinture en bronze de l’âge du Fer et le squelette d’un prolagus, petit lagomorphe disparu de l’île. Dans le jardin, une habitation de l’âge du Bronze est reconstituée.

Le musée garde encore un Christ en ivoire du XVIe siècle, des sonnailles de troupeau et des objets du monde rural. Il se combine naturellement avec le site de Cucuruzzu, forteresse préhistorique occupée du milieu du IIe millénaire au IIIe siècle av. J.-C., et avec le village médiéval fortifié de Capula, tous deux tout proches de Levie. Le parcours se fait en visite libre, avec des dépliants en cinq langues et des livrets-jeux pour les 9-12 ans ; le musée organise aussi des ateliers jeunesse, des visites commentées pour les groupes et des conférences.