Le grand spécialiste du Néolithique

Né en 1936 dans l’Aude, Jean Guilaine est l’un des plus éminents préhistoriens français, professeur honoraire au Collège de France — où il a occupé la chaire des civilisations de l’Europe au Néolithique et à l’âge du Bronze — et membre de l’Institut de France. Il a consacré sa carrière à l’un des grands tournants de l’histoire humaine : le passage aux sociétés agricoles.

La néolithisation de la Méditerranée

Ses fouilles, menées de Chypre à la France méridionale en passant par l’Italie et l’Espagne, ont retracé la diffusion de l’agriculture et de l’élevage en Méditerranée occidentale. Il a montré comment ces techniques, nées au Proche-Orient, ont gagné l’Europe de proche en proche, par voies maritime et terrestre, transformant en profondeur les modes de vie.

Une diffusion « arythmique »

Guilaine a proposé de penser cette diffusion non comme une vague uniforme, mais comme un processus fait d’accélérations, de pauses et de reprises — une néolithisation « arythmique ». Cette lecture nuancée a renouvelé la compréhension d’un phénomène longtemps décrit de façon trop mécanique.

Violence et sociétés préhistoriques

Il s’est aussi penché sur des aspects plus sombres, comme la violence et la guerre aux temps préhistoriques, montrant que les premières sociétés paysannes n’étaient pas exemptes de conflits. Ses travaux ont contribué à écarter le mythe d’un Néolithique idyllique.

Un bâtisseur de la discipline

Auteur de nombreuses synthèses de référence et formateur de générations de chercheurs, Jean Guilaine a fait du Néolithique un champ d’étude majeur et accessible. Son œuvre demeure une porte d’entrée incontournable pour comprendre la naissance du monde paysan.