Un préhistorien de l’art des cavernes
Né en 1937 dans le Lot, Michel Lorblanchet est directeur de recherche honoraire au CNRS et l’un des grands spécialistes français de l’art pariétal et rupestre. Enfant du Quercy, il a fait des grottes ornées de sa région, au premier rang desquelles Pech Merle, le terrain d’une vie de recherche consacrée à comprendre comment, et pourquoi, les hommes préhistoriques ont peint.
Du Quercy à l’Australie
Ses travaux ne se limitent pas à la France : il a aussi étudié l’art rupestre d’Australie, comparant les traditions graphiques de continents éloignés. Cette ouverture lui a permis de replacer l’art paléolithique européen dans une perspective mondiale et de nuancer bien des certitudes sur sa signification.
L’archéologie expérimentale
Lorblanchet est surtout célèbre pour son approche expérimentale : plutôt que de seulement décrire les peintures, il a cherché à les refaire. En reproduisant lui-même le fameux « panneau des chevaux ponctués » de Pech Merle par la technique du crachis — la peinture soufflée à la bouche —, il a retrouvé les gestes précis des artistes et montré qu’une telle fresque pouvait être réalisée en quelques heures.
Comprendre le geste
Cette méthode, qui fait du chercheur un praticien, a renouvelé l’étude de l’art des cavernes. Elle révèle le corps de l’artiste au travail — sa position, son souffle, sa main —, là où l’analyse classique ne voyait que l’image achevée. Lorblanchet a ainsi montré que la technique elle-même portait du sens.
Une œuvre de synthèse
Auteur de nombreux ouvrages de référence, dont de grandes synthèses sur les grottes ornées de la préhistoire, Michel Lorblanchet a durablement marqué la discipline. Dans la lignée d’André Leroi-Gourhan, mais avec sa méthode propre, il a fait de l’art pariétal un objet d’étude à la fois rigoureux et incarné.
Ses livres
Ses ouvrages disponibles dans notre librairie.