Les dernières analyses de paléogénétique révèlent des métissages insoupçonnés entre sapiens, néandertaliens et dénisoviens. Que nous apprennent-elles vraiment sur ce que nous sommes ?
Pendant longtemps, l’histoire de l’humanité s’est lue comme une ligne droite : une espèce en remplaçant une autre, jusqu’à nous. Les progrès de la paléogénétique ont fait voler ce récit en éclats.
Une mosaïque plutôt qu’un arbre
En séquençant l’ADN extrait d’ossements vieux de dizaines de milliers d’années, les chercheurs ont montré que sapiens, néandertaliens et dénisoviens se sont rencontrés, et mélangés, à plusieurs reprises.
Nous portons en nous, aujourd’hui encore, des fragments de génomes d’humanités disparues.
Ces traces ne sont pas anecdotiques : certaines variantes héritées de Néandertal influencent notre immunité, notre métabolisme, parfois notre sensibilité à certaines maladies.
Ce que la grotte de Denisova a changé
Découvert à partir d’un simple fragment de phalange, l’Homme de Denisova n’est connu presque que par son génome. Un cas unique où une humanité entière a d’abord été définie par son ADN avant ses os.
Les prochaines années, portées par l’analyse des sédiments eux-mêmes, promettent d’autres surprises : il devient possible de détecter une présence humaine sans même retrouver d’ossements.