Éclat

Fragment de pierre détaché d'un nucléus par percussion, pouvant servir directement d'outil ou être façonné par retouche. L'éclat est le produit de base de la plupart des industries de la pierre taillée.

Lorsqu’on frappe un bloc de silex ou de roche dure au bon angle, la pierre se fracture selon une surface courbe, dite conchoïdale, comme le verre. L’éclat qui se détache porte des marques caractéristiques : le talon, petite surface où le coup a porté, le bulbe de percussion, renflement juste en dessous, et des ondes concentriques qui rayonnent depuis le point d’impact sur la face d’éclatement. L’autre face garde les cicatrices des enlèvements précédents. Ces indices permettent aux préhistoriens de reconnaître un éclat taillé par l’homme et de reconstituer l’ordre et la direction des coups.

La production d’éclats est le plus ancien savoir-faire technique connu. Les outils du Lomekwien, au Kenya, vers 3,3 millions d’années, puis ceux de l’Oldowayen, reposent déjà sur le détachement d’éclats tranchants à partir de galets. Au fil du temps, les tailleurs apprennent à contrôler la forme de l’éclat avant même de le détacher : c’est le principe de la méthode Levallois, emblématique du Paléolithique moyen, présentée dans le dossier De l’Oldowayen au Levallois.

Un éclat brut peut servir tel quel, son tranchant étant plus coupant qu’une lame de métal. Il peut aussi être retouché en racloir, en pointe ou en denticulé. Une difficulté persiste pour les périodes les plus anciennes : la nature, par le gel, les chocs dans les rivières ou les éboulements, produit aussi des fragments qui imitent des éclats. Au début du XXᵉ siècle, de prétendus outils très anciens, les éolithes, ont ainsi été reconnus comme naturels. Pour trancher, les chercheurs examinent l’ensemble des pièces et leur contexte, et non un objet isolé.

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