Cachée dans la forêt de Meyrals, entre Les Eyzies et Sarlat, la grotte de Bernifal est redécouverte en 1902 par Denis Peyrony. Louis Capitan et l’abbé Breuil l’étudient aussitôt et publient ses gravures dès 1903 ; à cette date, on ne connaît encore qu’une poignée de grottes ornées paléolithiques. Bernifal est classée monument historique dès le 27 mai 1904.

Longue d’environ 90 mètres, la cavité réunit, sur toute sa longueur, quelque 110 gravures et peintures, noires ou rouges. Les mammouths dominent, avec une vingtaine de figures, aux côtés de bovinés, de chevaux et de cervidés. On y voit aussi de rares figures humaines, des mains négatives et une cinquantaine de signes. Un mammouth tracé à l’argile se cache à plusieurs mètres de hauteur, dans une cheminée presque verticale, là où le relief de la paroi semble avoir appelé la figure.

L’ensemble est attribué au Magdalénien, entre 15 000 et 10 000 ans environ, et a fait l’objet d’une nouvelle étude par Brigitte et Gilles Delluc en 1994 et 1995. Bernifal est surtout célèbre pour ses tectiformes, ces signes en forme de toit propres à quelques grottes des environs des Eyzies : Font-de-Gaume, les Combarelles et Rouffignac. L’un d’eux, composé de centaines de minuscules points rouges, n’a aucun équivalent connu. Dès 1903, Breuil s’étonnait de ces figures « qui n’ont jamais été signalées en aussi grand nombre qu’à Bernifal ».

Grotte privée, ouverte depuis 2000 à une exploitation volontairement limitée par son propriétaire, Bernifal a conservé un aspect très proche de celui qu’ont connu les Magdaléniens : concrétions intactes, aménagements réduits au minimum. On la découvre en visite guidée sur rendez-vous, en petit groupe, après une courte marche dans les bois. Son guide-propriétaire a d’ailleurs inspiré un documentaire, Le Dernier Paysan préhistorien, sorti en 2011 après cinq ans de tournage.