Dans la falaise qui domine la Vézère, à Tursac, l’abri de la Madeleine est le site éponyme du Magdalénien, dernière grande culture du Paléolithique supérieur. Des chasseurs magdaléniens y ont séjourné il y a environ 17 000 à 12 000 ans. Le gisement est découvert en 1863 par Édouard Lartet et Henry Christy ; Gabriel de Mortillet en fait en 1869 un site de référence. Classé monument historique depuis 1956, il fait partie des sites préhistoriques de la vallée de la Vézère inscrits à l’UNESCO en 1979.
L’abri a livré des chefs-d’œuvre de l’art mobilier. En 1864, une plaque d’ivoire gravée d’un mammouth prouve que les humains ont connu cet animal disparu, ce qui contribue à fonder la préhistoire. Les fouilles de Denis Peyrony et Louis Capitan (1910 à 1913) ont mis au jour le célèbre bison qui se lèche le flanc, probablement élément d’un propulseur. Le seul squelette humain du gisement, un enfant de deux à quatre ans daté d’environ 10 190 ans et paré d’un collier de coquillages, a été découvert en 1928.
Dès la fin du IXe siècle, la falaise est aménagée en village troglodytique : maisons semi-troglodytiques, four banal, chapelle Sainte-Marie-Madeleine en partie creusée dans la roche, château du Petit Marzac au-dessus de la falaise. Le village est abandonné peu à peu à partir de 1870. Le gisement préhistorique lui-même n’est pas accessible au public, pour des raisons de conservation : ce sont la muséographie et les visites guidées qui racontent la vie des Magdaléniens.
Ouvert au public depuis 1988, le site propose une visite guidée de 1 h 15 ou libre avec audioguide, des démonstrations de métiers anciens, un sentier des troglodytes et une ferme paysanne créée en 2021. Dans la vallée, on peut le combiner avec Lascaux IV, à Montignac, ou avec le musée national de Préhistoire des Eyzies.