Sur la presqu’île de Kernélehen, face à la baie de Morlaix, le cairn de Barnenez est un immense tertre de pierres que le Centre des monuments nationaux présente comme le plus grand mausolée mégalithique d’Europe. Long d’environ 75 m, large de 28 m au plus et haut en moyenne de 6 m, il représente quelque 2 000 m³ de pierres, soit près de 4 000 tonnes de dolérite et de granite. Il est classé monument historique depuis 1956.

Le monument est formé de deux cairns accolés. Le cairn primaire, édifié vers 4700 avant notre ère, abrite cinq dolmens à couloir ; le cairn secondaire, ajouté vers 4300 à 4200, en compte six autres, soit onze chambres funéraires en tout. L’ensemble est donc nettement plus ancien que les pyramides d’Égypte. Les dolmens G, E et F ont des couloirs de 13,5 à 14 m de long environ, et le chantier a demandé, selon Pierre-Roland Giot, de 150 000 à 200 000 heures de travail.

Son histoire récente est celle d’un sauvetage. En 1955, une carrière s’ouvre dans le cairn et détruit plusieurs chambres. Alerté par le journaliste Francis Gourvil, l’archéologue Pierre-Roland Giot obtient l’arrêt des travaux, puis dirige des fouilles de sauvetage jusqu’en 1968. André Malraux parlera d’un « Parthénon mégalithique ». Ces recherches ont révélé de l’art : dans le dolmen J, un écusson gravé d’une gerbe de lignes courbes, souvent lu comme une figure de la Déesse-mère (une réplique est exposée à l’entrée) ; dans la chambre H, des haches, un arc et des signes en U gravés, et, repérés en 2012, des restes de peintures rouges et noires.

Depuis 2026, l’exposition temporaire « Il était une fois Barnenez » (de juin 2026 à juin 2027) accompagne la visite. Le site est sur la Vélomaritime (EuroVelo 4), à environ 15 minutes à vélo de Plouezoc’h. À proximité, les partenaires du monument permettent de combiner la sortie avec le château du Taureau, le château de Kerjean ou l’aquarium Océanopolis, à Brest.