À la pointe de la presqu’île de Rhuys, à deux pas du port du Crouesty, le cairn de Petit Mont domine l’océan et le golfe du Morbihan. Ce tertre de pierres sèches d’environ 60 m sur 46 m et 6 m de haut n’a pas été bâti d’un coup : il résulte de plusieurs phases de construction étalées sur plus d’un millénaire. Il est classé monument historique depuis 1904.
Un premier tertre, antérieur aux mégalithes, apparaît vers 4500 avant notre ère, suivi d’un grand cairn. Vers 4000, un second cairn est élevé avec un dolmen à couloir dont les dalles portent des haches, des arceaux et des lignes, dans un style proche de celui de Gavrinis. Vers 3000, deux autres dolmens, dits Est et Ouest, sont adossés à son flanc oriental ; celui de l’Est présente notamment un motif de roue solaire. Une dalle gravée du site est conservée au musée de la Préhistoire de Carnac. Pour le site, c’est un monument qui se lit comme un livre d’histoires : sépulture néolithique, puis lieu fréquenté à l’époque gallo-romaine, puis poste stratégique pendant la guerre.
Le monument a connu d’autres vies : on y a trouvé de la céramique de l’âge du fer, des statuettes gallo-romaines, des tessons campaniformes et des perles. Pendant la Seconde Guerre mondiale, un blockhaus du mur de l’Atlantique y est construit : il détruit le dolmen Ouest et manque d’anéantir celui de l’Est. Les fouilles, commencées en 1864, sont poursuivies par Zacharie Le Rouzic, puis par Joël Lecornec jusqu’en 1989, et la restauration s’achève en 1993.
Du sommet, la vue porte jusqu’à Belle-Île, Houat, Hoëdic et le cairn de Gavrinis. Visites guidées et ateliers sont proposés, et l’on peut prolonger la journée avec Gavrinis (par bateau), le musée de la Préhistoire de Carnac, les mégalithes de Locmariaquer ou le château de Suscinio.