Une grotte refermée sur ses habitants

Il y a environ cinq mille ans, à la fin du Néolithique, des hommes du Chalcolithique entrent dans cette cavité du causse du Quercy. Ils l’investissent, l’aménagent, y vivent. Peu après leur passage, le porche s’effondre et scelle les lieux.

Ce hasard géologique a tout changé. Poteries, ossements animaux, empreintes de pieds humains et sépultures sont restés exactement là où ils avaient été laissés. La grotte de Foissac ne présente pas une collection : elle conserve une scène. Les objets les plus importants n’ont pas été emportés, ils sont exposés sur le lieu même de leur découverte, ce qui en fait une sorte de musée archéologique souterrain.

Le trou qui fume

En 1959, un exploitant agricole du nom d’Abel Pailhasse fait dégager un talus rocailleux qui intriguait les passants : il en sortait de la fumée. Ce n’était pas de la fumée mais de la vapeur de condensation, signe d’un réseau souterrain. Le lieu s’appelait alors « le trou qui fume ».

Il faut attendre 1965 pour qu’une équipe de spéléologues capdenacois atteigne la galerie en extrême amont du réseau, celle qui porte les vestiges et que l’on visite aujourd’hui. La grotte ouvre au public en 1973 et se trouve classée monument historique en 1978.

Les fouilles programmées de la partie chalcolithique sont menées dans les années 1980 et 1990 par François Rouzeaud, qui meurt en 1998 dans la grotte même, en haut de la salle des poteries. Cette salle porte désormais son nom.

Deux préhistoires dans la même cavité

Foissac réunit deux occupations séparées par des dizaines de milliers d’années. Le village chalcolithique, d’abord, celui des poteries et des sépultures. Et, découvertes en 2006 par Alain et Sébastien du Fayet de la Tour, des peintures et des gravures du Paléolithique supérieur.

Un point mérite d’être dit avant la visite : cet art pariétal ne se voit pas dans la grotte. Il se trouve dans des parties inaccessibles au public. C’est au musée, à quelques pas de l’entrée, qu’on le découvre. En 2014, une statuette d’art mobilier est venue s’ajouter à ces trouvailles, et une campagne de prospection a été menée de 2020 à 2022 sous la direction de Yannick Le Guillou, avec un programme de datation portant sur toutes les périodes d’occupation.

Ce que l’on parcourt

La visite est guidée, obligatoirement, et dure de une heure à une heure trente. Après la descente de soixante-dix-huit marches, on parcourt environ quatre cents mètres dans une succession de vastes salles. La minéralogie y est remarquable, avec des concrétionnements rares : bulles de calcite, excentriques. Une rivière souterraine traverse le réseau, dont plus de dix kilomètres ont été explorés à ce jour.

Le musée

À quelques pas de l’entrée, le musée présente les objets issus des fouilles : réalisations chalcolithiques en pierre, en os, en bois et en terre cuite. C’est là, aussi, que se découvre l’art pariétal paléolithique. La visite en est libre, avant ou après celle de la grotte.