L’Aveyron est l’un des grands départements de la préhistoire récente en France. Ses paysages expliquent cette richesse : les Grands Causses et leurs plateaux calcaires, entaillés par les gorges du Tarn, de la Dourbie ou du Lot, ont offert aux premiers paysans et éleveurs des pâturages, des abris et une pierre abondante. On y compte plus d’un millier de dolmens, ce qui place le département au premier rang en France pour ces tombes collectives du Néolithique.
Mais ce qui a véritablement fait connaître le Rouergue, ce sont ses statues-menhirs. Sculptées dans le grès ou le granite il y a environ cinq mille ans, à la fin du Néolithique, ces grandes dalles figurent des personnages aux traits stylisés, bras et jambes à peine esquissés, parés de colliers, de ceintures ou portant un mystérieux objet. La plus célèbre, la Dame de Saint-Sernin, est devenue une véritable icône de la préhistoire européenne. Le département conserve aussi des grottes fréquentées à la même époque, où les traces laissées par les hommes ont été figées dans l’argile, et de nombreux sites de plein air étudiés au fil des aménagements du territoire.
Pour rencontrer ces figures de pierre, le musée Fenaille de Rodez présente la plus importante collection de statues-menhirs, dans une mise en scène qui permet de les observer de près et de comprendre ce que l’on sait, ou devine, de leur signification. Dans l’ouest du département, près de Villefranche-de-Rouergue, la grotte de Foissac invite à une descente sous terre où se lisent, à côté des concrétions, des vestiges laissés par des visiteurs de la fin du Néolithique : poteries, ossements, et même des empreintes de pas.

