Héritier des collections réunies dès 1804 par le comte Wlgrin de Taillefer, fondé en 1835 et installé depuis 1903 dans un bâtiment construit pour lui sur le cours Tourny, le musée d’Art et d’Archéologie du Périgord (MAAP) est le plus ancien musée de Dordogne. Au fil des fouilles du XIXe et du XXe siècle, sa section de préhistoire a fait sa réputation internationale : avec quelque 18 500 références, elle est présentée par le musée comme la quatrième de France, après Saint-Germain-en-Laye, le musée national de Préhistoire des Eyzies et Nemours.
Deux sépultures en font la renommée. L’homme du Regourdou, découvert près de Lascaux, est un Néandertalien que le musée présente comme la plus ancienne sépulture d’adulte néandertalien d’Europe. L’homme de Chancelade, un Homo sapiens du Magdalénien, a été mis au jour le 1er octobre 1888 dans l’abri de Raymonden, à Chancelade, par Michel Hardy et Maurice Féaux : un homme âgé, inhumé en position repliée et recouvert d’ocre rouge, dont le squelette porte les traces de lourds handicaps, signe probable d’entraide au sein du groupe. Le médecin Léo Testut en fit l’ancêtre supposé des Inuits, une théorie abandonnée depuis.
Les vitrines déroulent l’histoire humaine du Périgord par site et par époque : outils, objets d’art et restes fossiles. On y croise les blocs peints de l’abri Blanchard, des représentations humaines de Cro-Magnon, le renne gravé de Limeuil, la rondelle aux isards de Laugerie-Basse et une remarquable série d’os gravés magdaléniens, dont la pendeloque au bison de Chancelade.
Le musée réunit aussi des collections gallo-romaines, médiévales, extra-européennes et de beaux-arts. Un billet jumelé permet de le compléter par Vesunna, le site-musée gallo-romain de Périgueux. Le bâtiment lui-même est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2020. Une étape idéale pour remettre en perspective les grands sites de la vallée de la Vézère.