Une archéozoologue de la préhistoire

Née en 1955, Marylène Patou-Mathis est une préhistorienne française, directrice de recherche émérite au CNRS. Elle a mené l’essentiel de sa carrière au Muséum national d’Histoire naturelle, au sein de l’unité « Histoire naturelle de l’Homme préhistorique », dont elle a été directrice adjointe. Archéozoologue de formation, elle étudie les restes animaux des sites paléolithiques.

Lire les os des animaux

En analysant les ossements de gibier — traces de découpe, fractures, sélection des espèces —, elle reconstitue les comportements de subsistance des premiers humains : ce qu’ils chassaient, comment ils dépeçaient et partageaient la viande, comment ils s’adaptaient à leur environnement. Ses travaux portent en particulier sur Néandertal et les premiers Homo sapiens d’Europe.

Réhabiliter Néandertal

Elle est l’une des chercheuses qui ont transformé notre regard sur Néandertal. Loin de la brute fruste des anciennes reconstitutions, elle décrit « une autre humanité », capable de soins aux blessés, de comportements symboliques et d’une vie culturelle élaborée. Ses analyses ont contribué à ranger au magasin des clichés l’image du sauvage primitif.

Interroger nos idées reçues

Au-delà de la science, Marylène Patou-Mathis questionne les représentations que l’Occident projette sur la préhistoire. Elle a notamment déconstruit les biais de genre — l’image de « l’homme chasseur » et de « la femme au foyer » — en montrant qu’ils relèvent d’une projection moderne et non des données archéologiques. Son essai L’Homme préhistorique est aussi une femme a rencontré un large écho.

Violence, animaux et société

Elle s’est aussi penchée sur la violence et la guerre aux temps préhistoriques, et sur la longue histoire de nos relations avec les animaux. Par ses recherches comme par ses essais, elle fait de la préhistoire un terrain d’où interroger, aussi, notre propre société et ses récits.