Les archéologues de l’université de Wrocław fouillaient à Żórawina, en Basse-Silésie, une nécropole de la fin de l’époque romaine et du début des grandes migrations, entre 350 et 430 de notre ère. C’est au moment de refermer le chantier, à l’été 2026, qu’un tumulus bien plus ancien est apparu à côté des tombes. Il contenait un squelette masculin, un collier de 42 dents percées et les restes de deux crânes humains.
Un collier monté sur cordelette
Les 42 dents sont des incisives et des canines à cuspide unique, chacune percée à la racine. Leur disposition en arc de cercle ne laisse guère de doute : elles étaient enfilées sur une cordelette. Elles proviennent de grands mammifères, canidés, cervidés et probablement jeunes ours d’après les premières observations, la détermination précise étant renvoyée à l’analyse génétique. Des perles d’os et d’ambre les accompagnaient.
Une hache qui donne la date, provisoirement
Sous le collier reposait le squelette presque complet d’un homme adulte, avec deux pièces de silex, une petite pointe et une lame, ainsi qu’une hache en serpentinite. C’est cette hache qui fournit la datation avancée, autour de 2900 avant notre ère, par comparaison typologique. Il faut donc la prendre pour ce qu’elle est : une estimation de forme, pas une mesure. Les échantillons osseux sont partis au radiocarbone et les résultats sont attendus à l’automne. Le docteur Paweł Dąbrowski, anthropologue et anatomiste de l’université de médecine de Wrocław, estime l’écart probable à deux siècles au plus.
Deux crânes, et une hypothèse à vérifier
Les deux crânes déposés près du collier nourrissent l’hypothèse d’une sépulture d’importance, celle d’un chef de clan ou d’un patriarche, accompagné de têtes prélevées. La hache porte des traces d’usage et paraît avoir servi d’arme ou d’outil plutôt que d’ornement funéraire. Mais la décapitation reste à démontrer : elle suppose de retrouver des marques intentionnelles sur les vertèbres et la base des crânes, et cet examen n’a pas encore eu lieu. Le dire autrement serait aller plus vite que les os.
Ce que la suite doit trancher
Le programme annoncé est large. Le radiocarbone doit d’abord établir que les trois individus appartiennent bien à la même période. La génétique déterminera les espèces des dents, le sexe et l’âge des défunts, et les haplogroupes diront d’où venaient ces gens : les communautés de la céramique cordée sont associées à des mouvements venus des steppes orientales, et la Basse-Silésie n’avait jamais livré de sépulture comparable. Un second tumulus, à Iwiny, à quelques kilomètres, contenait deux haches, des silex et de l’ambre ; un troisième, des ossements de veau. Les deux ensembles seront comparés.