Lame

Support de pierre allongé, au moins deux fois plus long que large, détaché d'un nucléus préparé et servant à fabriquer de nombreux outils. La production systématique de lames est une marque du Paléolithique supérieur.

Produire une lame n’a rien d’évident. Il faut d’abord préparer le nucléus, souvent en aménageant une arête, appelée crête, qui guidera la fracture le long du bloc. Le tailleur détache ensuite une série de lames parallèles, chacune profitant des nervures laissées par la précédente. Selon les époques, il utilise un percuteur de pierre tendre, un percuteur en bois de cervidé, une pièce intermédiaire frappée comme un ciseau (la percussion indirecte), ou encore la pression, qui donne des lames d’une régularité remarquable.

Si la production en série de lames caractérise le Paléolithique supérieur, elle n’en est pas l’exclusivité. Des lames ont été produites bien plus tôt, en Afrique de l’Est et au Proche-Orient, par des groupes du Paléolithique moyen et même plus anciens. Ce qui change avec l’Aurignacien et ses successeurs, c’est que la lame devient le support standard d’une grande partie de l’outillage.

Une lame peut servir telle quelle, son tranchant brut étant très coupant, ou être transformée en grattoir, en burin, en perçoir ou en pointe. Les petites lames, ou lamelles, à bord abattu étaient fixées en série sur des hampes pour former des armes composites. Au Néolithique, certaines régions se spécialisent dans des lames exceptionnellement longues : celles taillées dans le silex du Grand-Pressigny, en Touraine, ont circulé sur des centaines de kilomètres. Le dossier Une journée avec un tailleur de silex magdalénien montre ces gestes de l’intérieur.

Autres termes
Partager cet article
Partager
← Tout le glossaire