Roche siliceuse dure et cassante dont la fracture nette en faisait la matière première privilégiée pour la taille des outils préhistoriques. Sa qualité et sa disponibilité influençaient fortement les techniques employées.
Silex
Le silex se forme dans les calcaires, en particulier dans la craie de l’ère secondaire, à partir de la silice provenant d’organismes marins comme les éponges. Il se présente en rognons ou en bancs, enveloppés d’une croûte claire appelée cortex. Sa grande qualité tient à sa fracture conchoïdale : frappé au bon endroit, il se détache en éclats aux bords tranchants, de façon prévisible. D’autres roches s’y prêtent aussi, comme le quartzite, le jaspe ou l’obsidienne, mais le silex domine en Europe de l’Ouest.
Tous les silex ne se valent pas. Les tailleurs savaient reconnaître les meilleurs gisements et parcouraient parfois de longues distances pour s’y approvisionner. Ils ont aussi découvert qu’une chauffe lente et contrôlée rendait certaines variétés plus faciles à tailler : cette technique est attestée notamment au Solutréen, pour les fines pointes en feuille de laurier, et au Néolithique.
Au Néolithique, l’exploitation devient presque industrielle. À Spiennes, en Belgique, ou à Grimes Graves, en Angleterre, des mineurs creusaient des puits et des galeries pour atteindre les bancs de silex. Dans la région du Grand-Pressigny, en Indre-et-Loire, de longues lames en silex couleur miel ont été produites puis échangées jusqu’en Suisse et aux Pays-Bas.
Le silex servait aussi à faire du feu : frappé contre un minerai de fer comme la pyrite ou la marcassite, il produit des étincelles. Aujourd’hui, les géologues peuvent souvent identifier l’origine d’un silex grâce à ses fossiles microscopiques et à sa texture, ce qui permet de retracer les déplacements des groupes préhistoriques. Le dossier une journée avec un tailleur de silex magdalénien montre ce savoir-faire en action.