Pointe

Support de pierre taillée façonné en extrémité aiguë, destiné à armer une lance, un javelot ou une flèche. La forme des pointes varie fortement selon les cultures et sert souvent de marqueur chronologique.

Les pointes sont parmi les objets les plus étudiés de la préhistoire, car leur forme change d’une culture à l’autre et permet souvent de dater un niveau archéologique au premier coup d’œil. Au Paléolithique moyen, les Néandertaliens fabriquent des pointes Levallois, détachées directement d’un nucléus préparé, et des pointes moustériennes, façonnées par retouche. Au Paléolithique supérieur, la diversité explose : pointes de Châtelperron à dos courbe, fines pointes de la Gravette, pointes à cran, et surtout les célèbres « feuilles de laurier » du Solutréen, si minces et si régulières que certaines n’ont sans doute jamais servi.

Ailleurs, d’autres pointes jalonnent l’histoire. En Amérique du Nord, les pointes de Clovis, cannelées à leur base pour faciliter l’emmanchement, sont associées à des chasseurs vieux d’environ 13 000 ans et ont longtemps été au cœur des débats sur le peuplement des Amériques. Au Néolithique et à l’âge du Bronze, les pointes de flèche à pédoncule et ailerons deviennent courantes.

Comment savoir qu’une pointe a vraiment servi d’arme ? Les préhistoriens examinent les fractures d’impact, des cassures typiques qui se produisent lorsque la pointe heurte un os ou le sol à grande vitesse. Des tirs expérimentaux sur des carcasses permettent de reconnaître ces stigmates. On retrouve aussi parfois des pointes fichées dans des os d’animaux, preuve directe de la chasse. La distinction entre pointe de lance, de javelot propulsé ou de flèche reste toutefois délicate et fait l’objet de nombreuses études. Pour en savoir plus, lisez notre dossier sur la chasse à la préhistoire.

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