À Essé, au sud-est de Rennes, la Roche-aux-Fées est une allée couverte de schiste pourpre que Tourisme Bretagne présente comme le plus grand dolmen de France. Longue d’environ 19,5 m, large de 4,7 m et haute d’un peu plus de 4 m, elle compte plus de 40 blocs, dont les plus lourdes dalles de couverture pèsent de 40 à 45 tonnes. Elle est protégée au titre des monuments historiques depuis 1840.

Ces pierres ont été extraites dans la forêt du Theil-de-Bretagne, à quatre ou cinq kilomètres, puis acheminées sur place : un chantier colossal pour des communautés néolithiques. La construction se place généralement entre 3000 et 2500 avant notre ère, certains auteurs proposant plus tôt. Le monument avait probablement une fonction funéraire et était sans doute recouvert d’un tumulus de pierres et de terre, aujourd’hui disparu, qui lui donnait toute sa monumentalité.

Son nom vient de la légende : les fées l’auraient bâtie en une nuit, et les couples qui en font le tour en sens inverse en comptant le même nombre de pierres s’assureraient un avenir radieux. D’autres traditions y voient la tombe d’un général romain, thèse rejetée par l’historien Arthur de La Borderie. Au solstice d’hiver, le soleil levant glisse un rayon de lumière sur les pierres, visible quelques minutes quand le temps le permet.

Visité par environ 35 000 personnes par an (la pierre d’entrée avait été abîmée par des visiteurs vers 1855), le site a fait l’objet d’une étude de conservation en 2010, puis d’aménagements en 2018 (remblai à la base des pierres, clôture basse). Le monument est en accès libre toute l’année et une Maison de la Roche aux Fées ouvre en été ; en juillet, une Semaine de la Préhistoire y propose des ateliers. À proximité : Enigmaparc à Janzé, les Jardins de Rocambole au Châtellier, et les villes de Vitré, Fougères et Châteaugiron.