Une vocation précoce pour le dessin et la fouille

Née Mary Douglas Nicol à Londres en 1913, elle grandit au gré des voyages d'un père peintre paysagiste, découvrant enfant les grottes ornées du Périgord qui éveillent sa passion pour la préhistoire. Autodidacte en grande partie, elle se forme au dessin archéologique, un talent qui fera d'elle une illustratrice recherchée avant même de devenir une fouilleuse reconnue. C'est par ces relevés minutieux qu'elle rencontre Louis Leakey, dont elle illustre un ouvrage puis partage la vie et le travail.

Une rigueur méthodique sur le terrain

Là où Louis excellait dans l'intuition et la vulgarisation, Mary imposa une discipline de fouille exemplaire : stratigraphie soignée, enregistrement précis, classification patiente des industries lithiques. C'est elle qui définit et ordonna la culture oldowayenne à partir des innombrables outils d'Olduvai, posant les bases d'une véritable archéologie préhistorique africaine.

Les grandes découvertes

Dès 1948, sur l'île de Rusinga, au Kenya, elle met au jour le crâne de Proconsul, singe fossile du Miocène. En 1959, à Olduvai, c'est elle qui repère le crâne de Zinjanthropus boisei, daté d'environ 1,8 million d'années, découverte qui apporte enfin la reconnaissance internationale au couple. Mais son chef-d'œuvre viendra plus tard.

Laetoli : les pas de nos ancêtres

En 1978, sur le site de Laetoli, au sud d'Olduvai, son équipe découvre une piste d'empreintes de pas fossilisées dans une cendre volcanique vieille d'environ 3,6 millions d'années. Ces traces, attribuées à des Australopithecus afarensis, prouvent de façon spectaculaire que la bipédie précède largement le développement d'un grand cerveau. C'est l'une des découvertes les plus émouvantes de la paléoanthropologie : la trace vivante d'une marche, figée dans le temps.

Une autorité scientifique à part entière

Longtemps éclipsée par la notoriété de son mari, Mary Leakey s'est imposée après la mort de Louis en 1972 comme une chercheuse de premier plan, dirigeant les fouilles d'Olduvai et de Laetoli. Décédée en 1996, elle laisse le souvenir d'une scientifique intransigeante sur la méthode, dont les découvertes structurent encore notre compréhension des premiers hominines.

Sources
  • Mary Leakey, Disclosing the Past: An Autobiography, Doubleday, 1984.
  • Encyclopædia Britannica, « Mary Douglas Leakey » (biographie).
  • Smithsonian Human Origins Program, « Laetoli Footprint Trails » (humanorigins.si.edu).