Portrait général

Australopithecus afarensis est l’espèce la plus connue de toute la préhistoire, parce qu’elle a un visage et un nom : Lucy. Elle a vécu en Afrique de l’Est entre 3,9 et 2,9 millions d’années, soit près d’un million d’années, une longévité considérable que peu d’espèces humaines ont égalée.

Moulage du squelette de Lucy
Moulage du squelette de Lucy (AL 288-1) réalisé à partir de la réplique du Muséum national d’histoire naturelle de Paris : les os retrouvés représentent environ 40 % du squelette. · 120 · CC BY 2.5 · Wikimedia Commons

C’est aussi l’espèce fossile la mieux documentée de cette ancienneté : plusieurs centaines de restes attribués à plus de 300 individus, des nourrissons aux adultes, des crânes aux pieds. Cette abondance en fait le point de comparaison obligé pour tout nouvel australopithèque décrit.

Son portrait tient en une formule : un corps de bipède sous une tête de grand singe. Il marchait debout, sur deux jambes, avec un cerveau à peine plus gros que celui d’un chimpanzé. C’est Lucy qui a montré, dans les années 1970, que la bipédie a précédé de loin le grand cerveau, et non l’inverse.

Un paysage de lacs et de volcans

Les fossiles d’afarensis proviennent surtout de deux régions. La première est le triangle de l’Afar, en Éthiopie, une dépression où le rift africain s’ouvre et s’affaisse. Il y a trois millions d’années, Hadar était une plaine traversée de rivières, bordée d’un lac aux niveaux changeants, avec des forêts-galeries le long des cours d’eau et des prairies plus loin.

La seconde est Laetoli, en Tanzanie, au sud des plaines du Serengeti. Le décor y est plus sec, une mosaïque de savane arborée et de buissons, sous la menace permanente du volcan Sadiman, dont les cendres ont fossilisé le sol.

Entre ces deux pôles, des restes ont aussi été trouvés au Kenya, à Dikika et à Woranso-Mille en Éthiopie. L’espèce n’avait donc pas de milieu de prédilection : on la retrouve en forêt claire, en savane, au bord des lacs. Cette souplesse écologique explique sans doute en partie sa longue durée.

Découverte

L’histoire commence avant Lucy. En 1939, l’explorateur allemand Ludwig Kohl-Larsen recueille près de Laetoli un fragment de mâchoire supérieure, baptisé plus tard Meganthropus africanus ou Praeanthropus. Personne n’en mesure alors la portée.

Au début des années 1970, l’International Afar Research Expedition, dirigée par le géologue Maurice Taieb, l’Américain Donald Johanson et le Français Yves Coppens, prospecte Hadar. Le 24 novembre 1974, Johanson et son étudiant Tom Gray repèrent un fragment d’os du bras dans une ravine. Les fouilles livrent quarante pour cent d’un squelette. Le soir même, le camp écoute en boucle « Lucy in the Sky with Diamonds » des Beatles : le surnom est trouvé. En Éthiopie, on l’appelle Dinkinesh, « tu es merveilleuse ».

Deux autres trouvailles ont autant compté. En 1975, le site AL 333 livre les restes de plusieurs individus morts ensemble : la « première famille », en réalité un groupe dont on discute encore la cause de mort. Et à Laetoli, où des traces d’animaux sont repérées dès 1976, l’équipe de Mary Leakey met au jour en 1978 une piste d’empreintes de pas humaines vieille de 3,66 millions d’années.

L’espèce est décrite en 1978 par Donald Johanson, Tim White et Yves Coppens. Choix inattendu : l’holotype n’est pas Lucy, mais une mandibule de Laetoli, LH 4, déjà bien décrite par White. Cela vaut à l’espèce un nom éthiopien et un type tanzanien.

Les fossiles de référence

AL 288-1 (Lucy) reste la pièce maîtresse : bassin, fémur, côtes, vertèbres, mandibule, fragments de crâne, d’un même individu. Datée de 3,18 millions d’années, c’était une jeune adulte d’environ 1,05 à 1,10 m.

Crâne AL 444-2 d’Australopithecus afarensis
Image retouchée du crâne reconstitué AL 444-2, grand mâle d’Australopithecus afarensis découvert à Hadar et daté d’environ 3 millions d’années : les parties orangées sont les zones restaurées. · Chartep · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le site AL 333 a fourni plus de 250 fossiles. Le premier décompte y voyait au moins treize individus, les plus récents en reconnaissent au moins dix-sept. On y a trouvé en 2000 un quatrième métatarsien complet, AL 333-160, qui a beaucoup compté dans le débat sur le pied.

AL 444-2, découvert par Yoel Rak et publié en 1994, est le crâne le plus complet d’un adulte, sans doute un grand mâle, daté d’environ 3 millions d’années. C’est le premier crâne de l’espèce associé à sa mandibule.

DIK-1-1, surnommée Selam (« paix »), découverte le 10 décembre 2000 par l’équipe de Zeresenay Alemseged à Dikika et publiée en 2006, est le squelette d’une fillette datée de 3,3 millions d’années. Elle conserve un crâne presque complet, la face, l’os hyoïde et des omoplates, des pièces que Lucy n’a pas. Son âge au décès, d’abord estimé à environ trois ans, a été précisé en 2020 par l’étude des stries de croissance dentaires : 861 jours, soit environ deux ans et demi.

KSD-VP-1/1, dit Kadanuumuu (« grand homme » en afar), est un grand mâle de 3,58 millions d’années trouvé à Woranso-Mille à partir de 2005 et publié en 2010 par Yohannes Haile-Selassie. Sa cage thoracique et son omoplate complètent utilement le tableau ; il dépassait 1,50 m.

Anatomie et morphologie

La capacité crânienne va d’environ 370 à un peu plus de 500 cm³, pour une moyenne voisine de 450 cm³ : à peine au-dessus d’un chimpanzé. Le visage est projeté, la mâchoire massive, les canines réduites mais encore visibles.

Reconstitution du visage de Lucy
Reconstitution numérique du visage de Lucy par le designer brésilien Cicero Moraes, d’après les données du crâne d’Australopithecus afarensis. · Cicero Moraes · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Le dimorphisme sexuel paraît marqué : les femelles mesuraient environ 1,05 m pour 30 kg, les mâles jusqu’à 1,50 m pour 45 kg. Cet écart, plus grand que chez l’humain actuel, alimente les hypothèses sur l’organisation sociale, sans les trancher. Il repose cependant sur peu de squelettes dont le sexe est sûr, et son ampleur reste discutée.

Le cerveau était organisé comme celui d’un grand singe, selon l’étude des empreintes endocrâniennes publiée en 2020. Mais sa croissance après la naissance semble avoir été plus lente que chez le chimpanzé, ce qui suggère une enfance longue et une dépendance prolongée envers les adultes.

Marcher et grimper

Le bassin, court et évasé, et le genou dont l’angle ramène le pied sous le corps, signent une bipédie établie. Le métatarsien AL 333-160 montre que le pied possédait déjà des voûtes permanentes, comme le nôtre, et non un pied plat de grand singe ; cette lecture est largement admise, même si quelques chercheurs la jugent trop affirmative.

Restes du squelette de Selam en vitrine
Restes de Selam (DIK-1-1), fillette d’Australopithecus afarensis de Dikika datée de 3,3 millions d’années, présentés au Musée national d’Éthiopie à Addis-Abeba. · Sailko · CC BY 3.0 · Wikimedia Commons

Mais les bras restent longs, les doigts et orteils légèrement courbes, les omoplates orientées vers le haut comme chez les grimpeurs. L’omoplate de Selam ressemble à celle d’un jeune gorille. Le compromis est réel : un marcheur au sol qui gardait des aptitudes à monter dans les arbres, pour se nourrir ou pour dormir à l’abri des prédateurs.

La question n’est pas de savoir s’il grimpait, mais combien. Des traits peuvent être hérités sans être encore utiles, d’autres témoigner d’un usage réel. C’est tout le sel des débats sur cette espèce.

Les empreintes de Laetoli

Elles méritent une mention à part. Sur une cendre volcanique humidifiée par la pluie, deux ou trois individus ont marché il y a 3,66 millions d’années, laissant au site G une piste d’environ 70 empreintes sur plus de vingt mètres.

Réplique des empreintes de Laetoli
Réplique de la piste d’empreintes du site G de Laetoli (Tanzanie), laissée il y a 3,66 millions d’années, au Musée national de la nature et des sciences de Tokyo. · Momotarou2012 · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Ces empreintes montrent une voûte plantaire, un gros orteil aligné sur les autres et un déroulé talon-orteils : une marche humaine, pas un dandinement. Elles règlent la question de la bipédie mieux qu’aucun os, parce qu’elles enregistrent un geste et non une anatomie. Les analyses récentes nuancent toutefois : la jambe était peut-être un peu plus fléchie que la nôtre et la marche plus lente.

D’autres pistes ont été dégagées depuis. En 2016, l’équipe de Fidelis Masao a publié celles du site S, laissées dans la même cendre ; l’un des marcheurs atteignait environ 1,65 m, bien plus que Lucy. Et en 2021, l’équipe d’Ellison McNutt a réexaminé des empreintes du site A, repérées en 1976 et un temps attribuées à un ours : elles seraient celles d’un bipède différent, peut-être une seconde espèce d’hominine.

Alimentation et mode de vie

Les isotopes du carbone de l’émail dentaire, mesurés en 2013 sur une vingtaine de dents de Hadar et de Dikika, révèlent un régime mixte : ressources de milieux boisés, mais aussi une part notable de plantes de savane (graminées, carex, plantes grasses, ou animaux qui en consomment). Cette part varie fortement d’un individu à l’autre. Afarensis est parmi les premiers hominines à exploiter réellement les milieux ouverts.

Les dents ont un émail épais et des molaires larges, longtemps lues comme un équipement pour broyer des aliments durs. L’étude des microstries d’usure dit autre chose : pas de trace de noix ou de graines dures consommées régulièrement, plutôt des aliments coriaces, comme des feuilles ou des tiges. L’outillage dentaire servait peut-être surtout en période de disette.

Des os portant des marques de découpe, trouvés à Dikika dans des niveaux de 3,39 millions d’années et publiés en 2010 par Shannon McPherron, ont été présentés comme la plus ancienne trace de boucherie. L’interprétation reste discutée : l’équipe de Manuel Domínguez-Rodrigo y voit des stries de piétinement dans un sédiment abrasif. La découverte en 2015 d’outils de pierre de 3,3 millions d’années à Lomekwi, au Kenya, a toutefois rendu l’idée d’un outillage précoce moins invraisemblable.

Comment on le date

Hadar et Laetoli bénéficient de cendres volcaniques datables à l’argon-argon, intercalées entre les niveaux fossilifères. À Hadar, le tuf dit de Kada Hadar, juste sous Lucy, fixe son âge vers 3,2 millions d’années. Les empreintes de Laetoli sont elles-mêmes imprimées dans une cendre, ce qui les date directement, un cas rare et précieux.

La précision atteinte est de l’ordre de quelques dizaines de milliers d’années, ce qui permet d’ordonner les fossiles entre eux et de suivre les changements dans le temps. On a ainsi pu constater une certaine augmentation de la taille corporelle au fil du temps, sans changement d’ensemble majeur : près d’un million d’années de relative stabilité.

Place dans la lignée

Afarensis descend vraisemblablement d’Australopithecus anamensis. On a longtemps cru à une transformation graduelle de l’un en l’autre. Mais le crâne MRD, publié en 2019 par Yohannes Haile-Selassie, a montré qu’anamensis vivait encore il y a 3,8 millions d’années, alors qu’un os frontal de Belohdelie, daté de 3,9 millions d’années, est attribué à afarensis. Les deux espèces auraient donc coexisté au moins cent mille ans.

Afarensis est aussi le candidat le plus souvent retenu comme ancêtre du genre Homo, directement ou via une forme intermédiaire. Sa position centrale tient autant à sa richesse fossile qu’à sa chronologie : la plus ancienne mâchoire attribuée à Homo, à Ledi-Geraru, date de 2,8 millions d’années, juste après sa disparition.

Mais la découverte de deyiremeda, de Kenyanthropus platyops et de bahrelghazali, contemporains, montre qu’il n’était pas seul. Le buisson bourgeonnait déjà à cette époque.

Débats et incertitudes

Trois discussions restent ouvertes. La part de l’arboricole : certains voient un bipède accompli qui grimpait à l’occasion, d’autres un grimpeur qui marchait. Les mêmes os nourrissent les deux lectures.

La mort de Lucy : une étude de 2016 conduite par John Kappelman a proposé qu’elle soit tombée d’un arbre, d’après des fractures de l’humérus. La communauté est partagée, plusieurs spécialistes, dont Donald Johanson et Tim White, y voyant des cassures post-mortem ordinaires.

Enfin, la variabilité : l’écart entre les plus petits et les plus grands individus est tel que certains proposent d’y voir deux espèces plutôt qu’un fort dimorphisme. La majorité des spécialistes maintient une espèce unique, mais la question revient à chaque nouveau grand fossile.

La mort collective de la « première famille » reste elle aussi une énigme : crue soudaine pour certains, autre catastrophe ou accumulation lente pour d’autres.

Idées reçues à corriger

Lucy n’est pas « la première femme ». Elle n’est ni la mère de l’humanité ni forcément notre ancêtre directe : elle appartient à une espèce qui en est un candidat sérieux, ce qui est autre chose.

Plan des empreintes S1 et S2 de Laetoli
Plan des tranchées du site S de Laetoli où l’équipe de Fidelis Masao a dégagé les empreintes de deux individus, S1 et S2, publiées en 2016. · Fidelis T Masao, Elgidius B Ichumbaki, Marco Cherin, Angelo Barili, Giovanni Boschian, Dawid A Iurino, Sofia Menconero, Jacopo Moggi-Cecchi, Giorgio Manzi · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Elle n’est pas non plus le plus ancien hominine. Sahelanthropus, Orrorin et les Ardipithecus la précèdent de plusieurs millions d’années. Sa célébrité tient à son état de conservation et à son époque de découverte, pas à son âge.

Enfin, elle ne « marchait pas à moitié ». Les empreintes de Laetoli et le pied voûté montrent une bipédie efficace. Ce qui la sépare de nous tient moins aux jambes qu’aux bras, au cerveau et au rythme de croissance.

Où voir Lucy

Le squelette original est conservé au Musée national d’Éthiopie, à Addis-Abeba, qui en expose une réplique. Il n’a été exposé hors d’Éthiopie que deux fois : lors d’une tournée aux États-Unis de 2007 à 2013, puis en 2025 pour une exposition de soixante jours au Musée national de Prague, avec Selam, première présentation des originaux en Europe.

En France, un moulage de Lucy est présenté au Musée de l’Homme, à Paris, ainsi qu’à la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée du Muséum national d’histoire naturelle, au Jardin des Plantes. De nombreux musées d’histoire naturelle en Europe exposent des moulages du crâne AL 444-2 ou des empreintes de Laetoli.

Chronologie de la recherche

  • 1939 : Ludwig Kohl-Larsen trouve près de Laetoli un fragment de maxillaire, plus tard rattaché à l’espèce.
  • 1973 : premières campagnes de l’International Afar Research Expedition à Hadar.
  • 1974 : découverte de Lucy (AL 288-1) le 24 novembre.
  • 1975 : le site AL 333 livre la « première famille ».
  • 1978 : dégagement de la piste du site G à Laetoli ; description de l’espèce par Johanson, White et Coppens.
  • 1994 : publication du crâne AL 444-2.
  • 2000 : découverte de Selam à Dikika, publiée en 2006.
  • 2010 : publication de Kadanuumuu et des os striés de Dikika.
  • 2011 : le métatarsien AL 333-160 démontre la voûte du pied.
  • 2016 : nouvelles empreintes du site S à Laetoli ; hypothèse de la chute de Lucy.
  • 2019 : le crâne MRD révèle un chevauchement avec anamensis.
  • 2020 : étude de la croissance du cerveau à partir de Selam.
  • 2021 : réinterprétation des empreintes du site A de Laetoli.
  • 2025 : Lucy et Selam exposées à Prague.

Ce qu’il reste à trouver

Des mains complètes, encore rares, préciseraient la capacité de manipulation et l’éventuel usage d’outils. Des squelettes de mâles bien associés permettraient de trancher le débat sur le dimorphisme.

Et des restes couvrant l’intervalle 2,9 à 2,5 millions d’années, le passage supposé vers Homo, restent l’un des trous les plus frustrants du registre fossile africain. Les fouilles de Ledi-Geraru, qui ont livré en 2025 des dents d’un australopithèque encore sans nom contemporain des premiers Homo, montrent que ce trou commence à se combler, et qu’il réserve des surprises.

Pour aller plus loin

  • Johanson D. C., White T. D., Coppens Y., 1978, description d’Australopithecus afarensis, Kirtlandia.
  • Leakey M. D., Hay R. L., 1979, Pliocene footprints in the Laetolil Beds at Laetoli, Nature.
  • Kimbel W. H., Johanson D. C., Rak Y., 1994, le crâne AL 444-2, Nature.
  • Alemseged Z. et al., 2006, le squelette juvénile de Dikika, Nature.
  • Grine F. E. et al., 2006, microusure dentaire d’A. afarensis, Journal of Human Evolution.
  • McPherron S. P. et al., 2010, os striés de Dikika, Nature ; Domínguez-Rodrigo M. et al., 2010, réponse critique, PNAS.
  • Haile-Selassie Y. et al., 2010, le squelette KSD-VP-1/1, PNAS.
  • Ward C. V., Kimbel W. H., Johanson D. C., 2011, le quatrième métatarsien AL 333-160, Science.
  • Wynn J. G. et al., 2013, isotopes du carbone d’A. afarensis, PNAS.
  • Harmand S. et al., 2015, outils de Lomekwi 3, Nature.
  • Masao F. T. et al., 2016, nouvelles empreintes de Laetoli, eLife.
  • Kappelman J. et al., 2016, fractures de Lucy, Nature.
  • Haile-Selassie Y. et al., 2019, le crâne MRD, Nature.
  • Gunz P. et al., 2020, croissance du cerveau d’A. afarensis, Science Advances.
  • McNutt E. J. et al., 2021, empreintes du site A de Laetoli, Nature.
  • Villmoare B. et al., 2025, australopithèques et Homo de Ledi-Geraru, Nature.
  • Smithsonian Institution, Human Origins Program, fiche Australopithecus afarensis.

Sites & fossiles majeurs

Hadar (Éthiopie), Laetoli (Tanzanie)