Sur de nombreux sites préhistoriques, on trouve des cristaux ramassés par nos ancêtres, sans le moindre usage pratique. Une étude sur les chimpanzés suggère que cette fascination pour les belles pierres pourrait être bien plus ancienne que l’humanité elle-même.

Des cristaux sans fonction

Depuis longtemps, les archéologues exhument des cristaux de roche sur des sites occupés par des représentants du genre Homo, parfois vieux de 780 000 ans. Ni outils, ni armes, ni parures : ces pierres transparentes semblent avoir été collectées pour elles-mêmes, ce qui intrigue depuis des décennies.

L’expérience des chimpanzés

Pour éclairer ce mystère, une équipe a mené en Espagne des expériences sur des chimpanzés, nos plus proches cousins vivants, et publié ses résultats en 2026 dans la revue Frontiers in Psychology. Face à un tas de pierres, les singes repèrent et choisissent les cristaux en quelques secondes.

Ils les préfèrent nettement aux cailloux ordinaires, les distinguant par leur transparence, leur symétrie et leur éclat, et vont jusqu’à les porter à hauteur des yeux pour regarder au travers.

Une attirance héritée de loin

Puisque humains et chimpanzés descendent d’un ancêtre commun ayant vécu voici six à huit millions d’années, cette attirance pour les objets remarquables pourrait plonger ses racines bien avant l’apparition du genre Homo. Peut-être l’une des premières graines de notre sens de l’esthétique, et du symbole.

La prudence reste de rigueur : il s’agit d’une inférence par analogie, non d’une preuve directe. Mais l’idée est séduisante : notre goût pour ce qui brille serait un très vieil héritage.