Ensemble des objets de décoration corporelle, comme les colliers de coquillages, les perles ou les dents percées, portés par les populations préhistoriques. La parure témoigne de préoccupations esthétiques et symboliques anciennes.
Parure
Les plus anciennes parures connues sont de petits coquillages marins perforés, souvent du genre Nassarius, retrouvés en Afrique du Nord, au Proche-Orient et en Afrique du Sud. Certains, comme ceux de la grotte de Blombos, datés d’environ 75 000 ans, portent encore des traces d’usure laissées par le lien qui les tenait et des restes d’ocre. Les Néandertaliens semblent eux aussi avoir porté des ornements, notamment des serres d’aigle et des coquillages colorés, une question détaillée dans le dossier sur Néandertal, parures et pigments.
Au Paléolithique supérieur, la parure devient abondante et variée : perles d’ivoire de mammouth, dents percées de renard, de cerf ou d’ours, coquillages transportés sur de longues distances, pendeloques en os ou en pierre. Les Aurignaciens fabriquaient en série de petites perles en ivoire selon un procédé très codifié. La sépulture de Sungir, en Russie, a livré des milliers de perles cousues sur les vêtements de deux enfants, ce qui représente un temps de travail considérable.
Les préhistoriens s’intéressent moins à la beauté de ces objets qu’à ce qu’ils disaient. Une parure signale l’appartenance à un groupe, un âge, un statut, peut-être une alliance. En cartographiant les types de perles à travers l’Europe, les chercheurs ont pu proposer des aires culturelles distinctes. L’étude au microscope des perforations et des usures révèle la façon dont les objets étaient fabriqués, cousus ou portés. Le dossier Parures et ornements présente les grandes catégories.