À la grotte de Wonderwerk, en Afrique du Sud, de nouvelles analyses repoussent l’usage du feu par nos ancêtres jusqu’à 1,8 million d’années, soit presque le double de l’âge jusqu’ici admis. Une prouesse qui, si elle se confirme, changerait notre regard sur Homo erectus.

Des os brûlés au fond de la grotte

Une équipe internationale menée par l’université hébraïque de Jérusalem et l’université de Toronto a publié ses résultats en juin 2026 dans la revue PLOS One. Grâce à une nouvelle technique capable de repérer les signatures de chauffe dans des os fossilisés, les chercheurs ont identifié des traces de feu répétées à l’intérieur de la grotte de Wonderwerk, datées entre 1,07 et 1,79 million d’années.

Or ces traces se trouvent loin dans la caverne, bien au-delà de la zone qu’un feu de brousse naturel aurait pu atteindre. C’est ce détail qui rend la découverte si intrigante.

Feu subi ou feu maîtrisé ?

Puisque les foyers sont profondément enfouis sous terre, les auteurs en déduisent que des hominines apportaient délibérément du feu, sans doute prélevé dans la nature, et l’entretenaient à l’abri. Le candidat le plus probable est Homo erectus, présent en Afrique australe à cette époque.

La nuance est importante : utiliser un feu naturel n’est pas encore savoir le produire. Mais transporter des braises et les garder vivantes suppose déjà une intention et un savoir-faire remarquables.

Un débat loin d’être clos

Si elle résiste, cette datation ferait reculer de plusieurs centaines de milliers d’années l’un des plus anciens témoignages de feu associé à nos ancêtres. La prudence reste toutefois de mise : la méthode est récente et une affirmation aussi extraordinaire demande à être confirmée par d’autres sites et d’autres équipes.

Reste que Wonderwerk, déjà célèbre pour ses indices de feu vieux d’un million d’années, s’impose une fois de plus comme un laboratoire clé pour comprendre comment l’humanité a apprivoisé la flamme.