Espèce humaine ancienne apparue il y a près de deux millions d'années, première à quitter l'Afrique et à se répandre à travers l'Asie. On lui associe la maîtrise du feu et les bifaces acheuléens.
Homo erectus
L’histoire de cette espèce commence à Java. En 1891, le médecin néerlandais Eugène Dubois y découvre à Trinil une calotte crânienne et un fémur qu’il nomme Pithecanthropus erectus, « l’homme-singe qui se tient debout ». Dans les années 1920 et 1930, les fouilles de Zhoukoudian, près de Pékin, livrent des dizaines de fossiles comparables : l’« homme de Pékin ». On comprendra plus tard que tous appartiennent à une même grande espèce, Homo erectus.
Son corps est déjà proche du nôtre : grande taille, jambes longues, adaptées à la marche et à la course sur de longues distances. Le squelette presque complet du « garçon de Turkana », au Kenya, vieux d’environ 1,5 million d’années, l’a bien montré. Beaucoup de chercheurs rangent ces fossiles africains anciens dans une espèce distincte, Homo ergaster, d’autres y voient une simple variante d’Homo erectus : le débat reste ouvert.
Vers 1,8 million d’années, des humains sont déjà présents à Dmanissi, en Géorgie, aux portes de l’Europe, parfois désignés sous le nom d’Homo georgicus. Homo erectus gagne ensuite la Chine et l’Indonésie, où il subsiste très longtemps : à Ngandong, à Java, des fossiles datent d’environ 110 000 ans.
Deux nuances s’imposent. Les bifaces acheuléens, apparus en Afrique vers 1,7 million d’années, sont rares dans une grande partie de l’Asie orientale, où l’on taillait surtout des galets et des éclats. Quant au feu, des indices anciens existent en Afrique vers un million d’années, mais un usage régulier et maîtrisé semble plus tardif.