Il y a 3,2 millions d’années, notre lointaine cousine Lucy ne faisait pas ses courses au supermarché. En bref : Lucy était surtout végétarienne, fruits, feuilles, graines, tiges, racines et tubercules ,, avec peut-être un peu d’insectes ou de petits animaux à l’occasion. Voici ce que la science a reconstitué de son menu.
Une cueilleuse avant tout
Lucy appartient à l’espèce Australopithecus afarensis. Comme la plupart des australopithèques, elle vivait de cueillette : ce qu’elle trouvait dans son environnement de savane arborée. Au menu, surtout des végétaux, fruits mûrs, jeunes feuilles, tiges, graines, mais aussi des parties plus dures comme des racines et des tubercules qu’elle déterrait.
Ce que révèlent ses dents
Les dents sont de véritables boîtes noires de l’alimentation. Celles de Lucy montrent un émail épais et une usure qui trahissent un régime varié, parfois abrasif : des aliments durs ou chargés de poussière, typiques d’une nourriture ramassée au sol. L’analyse chimique de l’émail d’australopithèques proches suggère même qu’ils consommaient de plus en plus de plantes de savane au fil du temps.
Un peu de viande ?
Lucy n’était pas une grande chasseuse, son espèce n’avait ni armes élaborées ni gros cerveau de stratège. Mais elle était sans doute opportuniste : œufs, insectes (termites), petits animaux ou charognes ont pu compléter son régime. Des traces de découpe sur des os, datées d’environ 3,4 millions d’années, laissent penser que ses contemporains prélevaient parfois de la viande, un point encore débattu.
Un menu dicté par le paysage
Le régime de Lucy dépendait entièrement de son environnement : la mosaïque de forêts-galeries et de savanes de l’Afar éthiopien. Cette souplesse alimentaire, savoir tirer parti d’un peu de tout, est justement l’un des atouts qui ont permis à la lignée humaine de s’adapter aux changements du climat.
Pourquoi c’est important
Comprendre ce que mangeait Lucy, c’est comprendre comment vivaient nos ancêtres avant l’invention des outils sophistiqués et de la chasse organisée. Un régime végétal varié, complété à la marge de protéines animales : une base modeste, mais sur laquelle s’est construite, plus tard, toute l’aventure humaine.
Pour tout savoir sur elle : notre dossier Lucy et les australopithèques.