Entre les coteaux du Mâconnais, les vallées de l’Yonne et les plateaux calcaires du Jura, la Bourgogne-Franche-Comté offre un concentré de préhistoire. Son emblème est la Roche de Solutré, éperon de calcaire qui domine les vignes. À son pied, les fouilles ont mis au jour, dès le XIXe siècle, d’immenses accumulations d’ossements de chevaux laissés par des générations de chasseurs du Paléolithique supérieur. Le site a donné son nom au Solutréen, une culture célèbre pour ses pointes en « feuille de laurier », taillées avec une finesse remarquable il y a un peu plus de 20 000 ans.

Au nord, la vallée de la Cure creuse le calcaire près d’Arcy-sur-Cure. Ses grottes forment l’un des ensembles les plus importants de France : la Grande Grotte conserve des peintures et gravures parmi les plus anciennes du pays, vieilles d’environ 30 000 ans, tandis que la grotte voisine du Renne a livré des vestiges néandertaliens et un riche niveau châtelperronien, au cœur des débats sur la fin des Néandertaliens.

Le Jura n’est pas en reste. Ses grottes et ses abris sous roche, comme la Baume de Gigny ou le Trou de la Mère Clochette, ont été fréquentés du Paléolithique jusqu’aux âges des métaux. Au Néolithique, des villages s’installent sur les rives des lacs de Chalain et de Clairvaux, dont les vestiges, conservés dans les sédiments humides, sont inscrits au patrimoine mondial avec les autres sites palafittiques de l’arc alpin. À l’âge du Fer, la région voit naître de grands centres celtes, de la tombe princière de Vix à l’oppidum de Bibracte.

Pour arpenter ces lieux, gravissez la Roche de Solutré avant de visiter le musée de Solutré. Dans l’Yonne, descendez dans la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure et complétez par le musée de l’Avallonnais Jean Després. Côté Jura, la Baume de Gigny et le Trou de la Mère Clochette racontent une préhistoire plus intime.