De l’Ardèche aux sommets de la Maurienne, la région réunit des paysages qui ont accueilli les humains à toutes les époques. Les gorges calcaires de l’Ardèche en sont le cœur battant : c’est là qu’en 1994 trois spéléologues ont découvert la grotte Chauvet, dont les lions, les rhinocéros et les chevaux peints il y a quelque 36 000 ans comptent parmi les plus anciens chefs-d’œuvre de l’art pariétal connus au monde. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2014, la grotte reste fermée au public pour être préservée.
Bien avant ces artistes aurignaciens, le plateau d’Orgnac était déjà fréquenté par des chasseurs du Paléolithique ancien, il y a plusieurs centaines de milliers d’années. Plus au nord, dans l’Allier, la grotte des Fées de Châtelperron a donné son nom au Châtelperronien, une culture de la transition entre Néandertaliens et humains modernes qui fait encore débat chez les spécialistes. Les Préalpes ont leur propre récit : dans les cavités de Chartreuse, on a retrouvé par milliers les ossements de l’ours des cavernes, et dans le Vercors les tailleurs de silex du Néolithique exploitaient des gisements réputés.
Le Néolithique et les âges des métaux ont aussi laissé des traces remarquables. Sur les rives du lac de Paladru, en Isère, un village de la fin du Néolithique a été conservé sous l’eau avec ses bois et ses objets du quotidien. En Haute-Maurienne, des rochers polis par les glaciers portent des gravures rupestres où l’on reconnaît cupules, figures et signes laissés par les premiers montagnards.
Pour découvrir cette préhistoire sur le terrain, commencez par la Grotte Chauvet 2, restitution fidèle de la grotte originale, puis prolongez par Orgnac, grotte et cité de la Préhistoire. En montagne, le musée de l’ours des cavernes et l’espace des gravures rupestres d’Aussois valent le détour. À Lyon, le musée des Confluences offre une belle introduction à l’histoire de l’humanité, et le Préhistorama de Châtelperron vous attend dans l’Allier.


















