La préhistoire, comme science, est en partie née dans les Hauts-de-France. Au XIXe siècle, dans les sablières de la vallée de la Somme, à Abbeville, Jacques Boucher de Perthes recueille des silex taillés mêlés à des ossements d’animaux disparus et défend l’idée, alors très contestée, d’une humanité beaucoup plus ancienne qu’on ne le croyait. Quelques années plus tard, le quartier de Saint-Acheul, à Amiens, donne son nom à l’Acheuléen, la culture des grands bifaces qui a duré des centaines de milliers d’années.
Les vallées de la Somme, de l’Oise et de la Scarpe ont continué depuis à livrer des sites majeurs. À Biache-Saint-Vaast, dans le Pas-de-Calais, des restes humains attribués aux ancêtres des Néandertaliens ont été découverts lors de travaux. Les plateaux crayeux, couverts d’épais dépôts de lœss, ont piégé et protégé des campements de chasseurs au fil des périodes glaciaires, offrant aux chercheurs des archives d’une grande finesse.
Avec le Néolithique, de grands villages s’installent dans les vallées de l’Aisne et de l’Oise, parmi les mieux étudiés d’Europe pour cette période. Les âges des métaux et l’époque gauloise ont laissé à leur tour des sanctuaires, des fermes et des nécropoles. Le développement de l’archéologie préventive, lors des grands chantiers d’autoroutes et de lignes ferroviaires, a fait de la région un véritable laboratoire, où chaque aménagement révèle de nouveaux vestiges.
Ici, la préhistoire se découvre surtout dans des parcs archéologiques où l’on reconstitue maisons et gestes. Près d’Amiens, Samara déroule dans un vaste parc l’histoire de l’humanité, du Paléolithique à l’époque gauloise. À Douai, Arkéos associe musée et reconstitutions, tandis qu’Asnapio, à Villeneuve-d’Ascq, présente des habitats de différentes époques. Dans l’Oise, le musée d’Archéologie de l’Oise complète ce voyage dans le temps.






