L’Ardèche est entrée dans l’histoire de l’art en décembre 1994, avec la découverte de la grotte Chauvet à Vallon-Pont-d’Arc. Ses lions, ses rhinocéros, ses chevaux et ses mammouths, peints et gravés il y a quelque trente-six mille ans, comptent parmi les plus anciennes œuvres figuratives connues. La grotte, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2014, reste fermée au public pour être préservée. Mais le département ne se résume pas à ce chef-d’œuvre : les Néandertaliens y ont longtemps vécu, et l’abri du Maras, près des gorges, a livré un minuscule fragment de cordelette qui leur est attribué, témoin rare d’un savoir-faire en fibres végétales.

Ces richesses tiennent au relief. Les plateaux calcaires du Bas-Vivarais, entaillés par les gorges de l’Ardèche, sont criblés de grottes, d’avens et d’abris qui ont servi de refuges, de haltes de chasse ou de sanctuaires. Plus tard, les premiers agriculteurs et éleveurs ont couvert ces mêmes plateaux de dolmens : l’Ardèche est l’un des départements français les plus riches en monuments mégalithiques, souvent cachés dans la garrigue. Au nord, la vallée du Rhône a, elle aussi, été fréquentée très tôt, comme le montrent les grottes de Soyons.

Pour découvrir l’art de Chauvet, la grotte Chauvet 2 en restitue fidèlement les parois, avec une galerie consacrée à l’époque aurignacienne. Sur le plateau voisin, Orgnac, grotte et cité de la Préhistoire associe un aven spectaculaire et un musée qui parcourt des centaines de milliers d’années d’occupation régionale. Près de Valence, le musée archéologique de Soyons ouvre aussi la grotte de Néron et le Trou du Renard, occupés au Paléolithique. Enfin, l’archéosite Randa Ardesca propose de vivre la préhistoire par les gestes.