Dans le Nord, la préhistoire ne se lit pas sur des parois de grottes mais dans les sols. Pays de plaines et de collines douces, couvert de lœss et de limons déposés par le vent pendant les glaciations, le département a peu d’abris naturels. Ses vestiges les plus anciens sont des outils de silex pris dans les dépôts des vallées de la Scarpe, de l’Escaut, de la Sambre ou de la Lys, qui témoignent de passages répétés de chasseurs au Paléolithique. Le climat, souvent très froid à ces époques, faisait de la région une steppe parcourue par les mammouths et les rennes.

La plupart des connaissances récentes viennent de l’archéologie préventive. Avant la construction de zones d’activités, de lotissements ou de lignes de transport, les archéologues ont mis au jour des habitats néolithiques, avec leurs grandes maisons de bois, des enceintes, des ateliers de taille et des sépultures, puis des fermes de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer. La métropole lilloise et le Douaisis comptent parmi les secteurs les mieux documentés, et ces fouilles ont permis de reconstituer, plan après plan, l’évolution des campagnes depuis l’arrivée des premiers agriculteurs. Une préhistoire discrète, mais solidement attestée.

Pour la rendre concrète, le Nord compte deux parcs archéologiques. À Douai, Arkéos, musée et parc archéologique, présente les découvertes du Douaisis et des reconstitutions d’habitats, avec des ateliers et animations pour tous. À Villeneuve-d’Ascq, Asnapio reconstitue des maisons de la préhistoire au Moyen Âge et propose lui aussi des ateliers et démonstrations en plein air.