La grotte d’Enlène est l’une des trois cavernes du Volp, à Montesquieu-Avantès, en Ariège. Longue de 200 mètres, elle se prolonge par la grotte des Trois-Frères. Si ses voisines sont des sanctuaires ornés, Enlène fut surtout un lieu de vie : les Magdaléniens y ont habité, taillé, sculpté et gravé.

Connue de longue date, elle est fouillée à plusieurs reprises au XIXe siècle, sans grande précaution : quand le comte Henri Bégouën la visite, les sols sont retournés par les anciens fouilleurs et les parois noircies par les feux de paille des promeneurs. C’est pourtant là qu’en 1911 son fils Jacques trouve un magnifique propulseur en bois de renne, une trouvaille qui lance les trois frères dans l’exploration de la colline. Louis Bégouën achète la grotte en 1925 et la ferme aussitôt pour la protéger.

Sous les déblais, des couches intactes attendaient. Louis Bégouën y fouille seul de 1925 à 1937, puis s’arrête, jugeant ses méthodes dépassées, pour ne pas épuiser le gisement. Les fouilles reprennent de 1976 à 1990 avec Jean Clottes, Robert Bégouën, le service régional de l’archéologie de Toulouse et de nombreux bénévoles. Elles livrent un mobilier remarquable : le propulseur aux bouquetins, le propulseur à l’oiseau, de nombreuses plaquettes de pierre gravées et un fragment d’os orné d’une sauterelle d’une précision unique.

Une partie de ces objets est conservée au musée de l’Homme, à Paris. L’ensemble des recherches est publié depuis 2019 dans la monographie « La Grotte d’Enlène, immersion dans un habitat magdalénien », qui clôt la trilogie consacrée aux cavernes du Volp. La grotte appartient à l’Association Louis Bégouën et n’est pas ouverte au public.